Sans abandonner le projet
Terrain de tennis et pickleball: Saint-Martin annule son règlement d'emprunt
Le conseil municipal de Saint-Martin a officiellement annulé, lors du conseil de ville de ce lundi 11 mai, le règlement d’emprunt de 425 000 $ lié au projet de terrain de tennis et de pickleball.
Cette décision met fin au processus référendaire qui aurait pu être déclenché après la mobilisation citoyenne de janvier dernier, mais ne ferme pas complètement la porte au projet, puisque la municipalité souhaite maintenant explorer une autre voie de financement avec l’appui de bénévoles et de partenaires privés.
Le dossier suscite l’attention depuis plusieurs mois dans la municipalité, après que 384 personnes avaient signé le registre municipal afin de demander un scrutin référendaire.
« On a l’annulation du règlement d’emprunt numéro 119-2026, décrétant des dépenses en immobilisations et un emprunt de 425 000 $ pour le projet de terrain de tennis », a lancé le maire Yvan Paré lors de la séance et la lecture du point 4.2.
Pour rappel, le conseil avait adopté ce règlement d’emprunt le 14 janvier dernier. Selon le maire, la décision d’y mettre fin repose sur un constat partagé par les élus. « Ce projet-là sera annulé. Pourquoi? parce que c’est clair que pour tout le monde, c’est-à-dire le conseil municipal qui est ici, on ne le ferait pas à ce prix-là. Avec l’annulation du règlement d’emprunt de 425 000 $, le référendum va s’annuler, c’est prévu par la loi », a-t-il ajouté.
Une campagne de financement envisagée
Même si l’emprunt est annulé, le projet de terrain de tennis et de pickleball n’est pas abandonné pour autant. Le conseil municipal a indiqué qu’un groupe de bénévoles avait soumis un plan de commandite afin d’aller chercher des partenaires financiers. L’objectif est de réduire le coût du projet pour la municipalité, alors qu’une subvention gouvernementale de 125 000 $ arrive à échéance cette année.
« Une équipe de bénévoles nous a soumis un plan de commandite et va se porter volontaire pour récolter des fonds », a indiqué le maire.
La municipalité entend donc mandater cette équipe afin qu’elle puisse représenter officiellement le projet auprès de partenaires potentiels. « Le conseil municipal est d’accord avec les plans soumis. La municipalité va mandater l’équipe et les bénévoles pour représenter dans l’approche des partenaires financiers et que Mme Mireille Busque, directrice générale, soit autorisée à signer les ententes au nom de la municipalité », a ajouté Yvan Paré.
Le conseil devra toutefois approuver les mandats et les démarches présentés dans la suite du processus.
Une ambiance toujours tendue
En fin de séance et devant la soixantaine de personne présente, le maire est revenu sur les tensions que ce dossier a entraînées dans la communauté au cours des derniers mois. Il a souhaité rappeler que les élus agissent pour le bien de la municipalité. Yvan Paré a aussi évoqué les commentaires reçus lors d’un événement économique récent, affirmant que certaines personnes d’affaires ne comprenaient pas la controverse entourant le projet.
« Présentement, plusieurs personnes m’ont mentionné qu’ils ne comprennent pas la mauvaise presse du terrain de tennis/pickleball. Parce qu’il s’agit de la discorde dans notre municipalité. Puis les gens d’affaires nous disent qu’ils ne sont pas intéressés à venir investir dans une municipalité lorsqu’il y a de la discorde », a-t-il déclaré.
Cette sortie a fait réagir un citoyen dans la salle, Luc Lapierre, qui s’est ensuite présenté au micro. Ce dernier a d’abord salué l’ouverture du conseil dans la recherche d’une solution différente pour financer le projet. « Premièrement, je voudrais souligner votre ouverture à tout le monde pour essayer de trouver des solutions pour financer autrement le terrain de pickleball, parce que c’est de ça qu’il s’agit. C’est déjà bien. C’est un gros pas en avant. Je pense que la population devrait l’apprécier. »
Il a toutefois contesté l’idée selon laquelle la mobilisation citoyenne pourrait nuire à l’image de la municipalité auprès d’éventuels investisseurs.« C’est ça la démocratie, ils (les citoyens) ont expliqué leur point de vue. Puis la preuve qu’ils avaient raison, c’est que vous y êtes arrivé, ou en partie au moins », a-t-il lancé. Selon lui, les citoyens ne doivent pas être culpabilisés d’avoir exprimé leur désaccord sur le financement initial.
« Ne faites pas sentir coupable la population de s’exprimer parce que c’est elle qui décide. C’est pas les gars de Saint-Georges, puis c’est pas les gens d’affaires, c’est elle qui décide pour elle-même », a-t-il conclu.
Des appuis au projet demeurent
Plusieurs personnes ont également pris la parole pour remercier le conseil municipal de son écoute et de son ouverture à réduire la facture associée au projet.
Des amateurs de pickleball ont rappelé que ce sport est de plus en plus pratiqué, autant par les aînés que par les jeunes, et qu’ils souhaitent toujours voir le projet se concrétiser à Saint-Martin.
Le maire a pour sa part réitéré son intention de faire avancer le dossier afin de ne pas perdre la subvention disponible, tout en cherchant à réduire au maximum la contribution financière de la municipalité.
Le conseil en bref
La Municipalité de Saint-Martin a par ailleurs indiqué que les prochains règlements d'emprunt seront mieux affichés, à savoir au Marché Ami, à l'entrée du centre municipal et sur le site web de la municipalité.
Concernant l'annonce de la mise en place d'un comité communication, le 19 janvier dernier, le conseil a détaillé que ce dernier sera en place dès ce mercredi pour une première rencontre. Le but étant justement de favoriser et améliorer les échanges entre le conseil et les citoyens. Des suivis seront fait lors des prochains réunions du conseil.

