Tournée de la présidence
Fiscalité et main-d’œuvre au cœur d’une rencontre de l’UMQ à Saint-Georges
Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Guillaume Tremblay, était de passage à Saint-Georges ce vendredi 13 mars dans le cadre de la Tournée de la présidence 2026, une initiative visant à rencontrer les élus municipaux des différentes régions afin d’échanger sur leurs réalités et leurs priorités.
Plus d’une vingtaine de représentants municipaux de Chaudière-Appalaches, provenant notamment de Lévis, Montmagny, Sainte-Marie, Saint-Georges et Saint-Joseph-de-Beauce, ont participé à cette rencontre.
L’objectif de cette tournée est de permettre au président de l’UMQ de recueillir directement les préoccupations du milieu municipal et de mieux comprendre les enjeux propres à chaque territoire. Élu président de l’UMQ en mai dernier, Guillaume Tremblay a entrepris cette tournée afin de mieux saisir les différences entre les réalités municipales à travers le Québec.
« Comme nouveau président, on fait toujours une tournée régionale du Québec pour comprendre la réalité des régions, parce que la réalité de Chaudière-Appalaches peut être complètement différente du Lac-Saint-Jean ou de ma région chez nous de Lanaudière », explique-t-il.
Lors de son passage à Saint-Georges, il a notamment pu échanger avec la mairesse de la ville, Manon Bougie, également nouvelle représentante de la région de Chaudière-Appalaches à l’UMQ. « Merci pour l’excellent accueil qu’on a eu ici. Je peux vous dire une chose, j’ai été agréablement surpris, pour une mairesse qui rentre en fonction dans son premier mandat, comment elle s’est imprégnée des dossiers aussi rapidement que ça », souligne-t-il.
La fiscalité municipale en question
Parmi les principaux sujets abordés lors de la rencontre figure la question de la fiscalité municipale, un enjeu qui préoccupe plusieurs municipalités au Québec. « Avec la fiscalité telle qu’on la connaît aujourd’hui, si on garde le cap dans quelques années, on va être dans un mur complètement. La fiscalité telle qu’on la connaît ne fonctionne plus », affirme Guillaume Tremblay.
Il souligne que les investissements importants à venir dans les infrastructures municipales représentent un défi majeur pour les villes et municipalités.
« Quand on va devoir investir massivement sur les infrastructures municipales au cours des prochaines années, que ce soit en eaux ou en boues usées, ou au niveau des équipements existants qu’il va falloir remettre à niveau, c’est la réalité du monde municipal actuel », ajoute-t-il.
Selon le président de l’UMQ, cet enjeu devrait occuper une place importante dans les discussions municipales et politiques au cours de la prochaine année.
Développement économique et main-d’œuvre
Les élus municipaux présents ont également abordé les défis liés au développement économique régional, notamment la question de la main-d’œuvre. « Les maires et mairesses m’ont vraiment fait part que la réalité de la main-d’œuvre ici est importante, avec un taux de chômage très bas », mentionne Guillaume Tremblay.
Les discussions ont aussi porté sur les enjeux liés au transport collectif régional, un dossier qui fait l’objet d’initiatives dans Chaudière-Appalaches. « Permettez-moi de souligner l’effort et le travail exceptionnel de la région de Chaudière-Appalaches. On a parlé beaucoup de transport en commun et de toutes les initiatives qui ont été mises de l’avant pour se regrouper et travailler ensemble », souligne-t-il.
Il note également que les récentes coupures du gouvernement du Québec dans ce secteur pourraient entraîner des décisions importantes pour les municipalités de la région.
Pour la mairesse de Saint-Georges, Manon Bougie, cette rencontre a permis aux élus municipaux de Chaudière-Appalaches de faire entendre leurs préoccupations. Selon elle, la diversité des municipalités présentes a permis de partager plusieurs réalités territoriales. « Il y avait des conseillers et des maires. On avait Sainte-Marie, Saint-Joseph-de-Beauce jusqu’à Montmagny. On avait des gens de Lévis aussi qui étaient là, Saint-Zacharie et Saint-René. Il y avait une belle représentativité du territoire », indique-t-elle.
Mme Bougie souligne également l’importance de la collaboration entre les municipalités de la région. « Chaudière-Appalaches, c’est grand. Les enjeux ne sont pas toujours les mêmes, mais on est capables de partager entre nous et de comprendre les réalités de chacun », dit-elle.
Les zones inondables parmi les préoccupations
Parmi les dossiers évoqués durant la rencontre figure également celui des cartographies des zones inondables, un enjeu important pour plusieurs municipalités de la Beauce.
« Les ententes qui avaient été prises avec le ministère de l’Environnement pour fournir la donnée ont été respectées. Nous avons fourni les données la semaine dernière », explique la mairesse.
Elle précise toutefois que les municipalités souhaitent que le gouvernement prenne la responsabilité de produire et d’appliquer ces cartes. « Notre point de vue avec les autres MRC de la Beauce, c’est de dire au ministère : maintenant, c’est à vous de faire ces cartographies, de les expliquer et de les appliquer », affirme-t-elle.
Selon Mme Bougie, les municipalités ne disposent pas nécessairement de l’expertise ni des ressources nécessaires pour réaliser ce travail. « Le ministère voudrait que nous le fassions, mais on n’a pas l’expertise, ni la main-d’œuvre, ni les fonds. Même pour la collecte des données, on a donné un mandat à l’Université Laval parce qu’on n’avait pas l’expertise », conclut-elle.

