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Des questions demeurent pour les citoyens

Terrain de tennis/pickleball: Saint-Martin revoit la facture

durée 18h00
27 mai 2026
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Germain Chartier
Par Germain Chartier, Journaliste

La Municipalité de Saint-Martin a présenté, ce mardi 26 mai, une nouvelle version de son projet de terrain de tennis et de pickleball lors d’une consultation publique tenue devant une quarantaine de citoyens.

Après avoir annulé le règlement d’emprunt initial de 425 000 $, le conseil municipal souhaite maintenant aller de l’avant avec un projet dont la facture serait réduite, notamment grâce à des subventions, des commandites et des partenaires financiers.

Lors de la consultation, le maire Yvan Paré a rappelé que l’idée d’un terrain de tennis et de pickleball remonte à une consultation menée en 2020 et 2021 dans le cadre de la démarche Municipalité amie des aînés. « L’origine du projet, ça a débuté en 2020-2021. Ça a été le résultat d’une demande de la population suite à une consultation publique en 2020 », a-t-il expliqué.

Selon lui, 65 projets ou opportunités avaient alors été identifiés par la population. La Municipalité affirme en avoir réalisé environ 60 % jusqu’à maintenant, dans une planification qui s’échelonne de 2022 à 2027.

Le maire a indiqué que la plus basse soumission pour le projet s’élève maintenant à environ 300 000 $. À la question d’un citoyen, la Municipalité a précisé que le montant réel se situerait plutôt autour de 290 000 $, mais qu’il a été arrondi dans la présentation. Le projet serait clé en main, incluant notamment la surface, l’éclairage et la clôture, avec une garantie sur les travaux.

Un citoyen a aussi rappelé que la Municipalité avait déjà payé environ 37 000 $ pour les plans et devis du projet, ce que le maire a confirmé.

Pour financer le projet, Saint-Martin compte sur une subvention de 125 000 $, qui doit être utilisée d’ici le 31 décembre, ainsi qu’une aide potentielle de 83 000 $ provenant du Fonds régions et ruralité. Des commandites privées sont aussi recherchées. « À ce jour, nous avons la confirmation de 27 000 $, avec un partenaire. Comme c’est là, la part de la municipalité est environ de 65 000 $ », a indiqué Yvan Paré, en précisant que d’autres réponses de partenaires étaient attendues.

Le maire a aussi mentionné qu’un programme fédéral pourrait être étudié avec le député de Beauce, Jason Groleau.

Un emprunt qui pourrait être réduit

Même si un nouveau règlement d’emprunt de 300 000 $ devrait être adopté, le maire a soutenu que les subventions et contributions viendraient réduire la part réellement assumée par les contribuables. « Le règlement d’emprunt de 300 000 $, lorsqu’on va avoir une subvention, on va être capable de diminuer l’emprunt. Puis en principe, ce qu’on va taxer à la population, ça va être les 47 000 $, parce que les 37 000 $ pour les plans et devis sont déjà payés », a-t-il expliqué.

Selon les informations présentées en séance, la part municipale pourrait donc être bien inférieure au coût total du projet. Le conseil souhaite aussi poursuivre la recherche de partenaires afin de réduire davantage cette contribution.

Plusieurs citoyens ont questionné, de leur côté, les coûts d’entretien à long terme. Selon les informations obtenues par la Municipalité auprès de l’ingénieur du projet, l’entretien annuel serait estimé entre 1 500 $ et 4 000 $, incluant les salaires. Ces frais couvriraient notamment le nettoyage de la surface, le balayage, les retouches de lignes, l’inspection, la maintenance légère, le contrôle de la végétation et les réparations de fissures mineures.

Une citoyenne a soulevé que l’écart entre 1 500 $ et 4 000 $ était important. « Il me semble que la marge est grosse un peu. Pourquoi cet écart-là? C’est quand même 2 500 $ entre les deux », a-t-elle demandé.  Le maire a répondu que l’entretien pouvait varier selon les années et les travaux nécessaires. Certaines années pourraient demander peu d’interventions, tandis que d’autres pourraient nécessiter des réparations plus importantes.

Un citoyen amateur de pickleball a aussi proposé que les utilisateurs puissent effectuer bénévolement une partie du nettoyage, afin de réduire les coûts d’entretien. Le maire a salué cette proposition et indiqué qu’elle serait prise en note.

Des citoyens demandent une réflexion à long terme

Un résident a invité le conseil à tenir compte du scénario le plus coûteux dans ses prévisions, notamment pour l’entretien et le resurfaçage éventuel du terrain.

« Quand on administre une municipalité, comme on administre une compagnie, il faut prévoir le pire », a-t-il lancé. Selon lui, si les coûts d’entretien atteignent 4 000 $ par année, cela représenterait 40 000 $ sur dix ans, sans compter un resurfaçage évalué à environ 10 000 $.

Il a aussi proposé une formule où les utilisateurs réguliers pourraient contribuer directement au financement du projet, en échange d’heures de jeu gratuites sur plusieurs années. Selon lui, ceux qui utiliseront le terrain devraient assumer une part plus importante de la facture. « Ceux qui ont les moyens de jouer au pickleball vont payer pour jouer au pickleball », a-t-il résumé.

Le même citoyen a également questionné la représentativité du sondage réalisé dans le cadre de la démarche MADA, rappelant, selon lui, qu’il avait été rempli par un nombre limité de personnes, majoritairement âgées de 50 ans et plus.

De son côté, le maire Yvan Paré a insisté sur le caractère rassembleur du projet et sur l’objectif de favoriser l’activité physique dans la municipalité. « C’est un lieu rassembleur. Ça dynamise aussi une municipalité. Ça offre un oasis qui est accessible pour tout le monde. Puis ce qu’on veut, c’est favoriser l’activité physique dans notre municipalité », a-t-il affirmé. Il a aussi rappelé que les infrastructures sportives de Saint-Martin sont utilisées par différents groupes, dont les jeunes du primaire et du secondaire, grâce à des partenariats avec le Centre de services scolaire.

Pas de registre prévu si les subventions couvrent la majorité du projet

En fin de rencontre, des échanges ont porté sur la possibilité pour les citoyens de s’opposer à un éventuel nouveau règlement d’emprunt. Le maire a expliqué que, contrairement au premier règlement de 425 000 $, la nouvelle structure financière pourrait ne pas nécessiter de registre, puisque plus de la moitié du projet serait couverte par des subventions et contributions.

« Quand tu es obligé d’emprunter plus que la moitié du projet, là, il faut que tu ailles aux personnes habilitées à voter. Tandis que là, on a un montant de 300 000 $, puis là, on a 208 000 $ de subventions. Donc si on fait le ratio, on a pratiquement 66 % de subventions. On n’a pas besoin d’aller aux personnes habilitées à voter », a soutenu Yvan Paré.

D'après nos recherches sur les règles municipales applicables, certains règlements d’emprunt peuvent effectivement être dispensés d’un processus d’opposition lorsque les subventions couvrent plus de 50 % du coût total du projet.

Cette consultation n’a pas mis fin aux discussions, mais elle a permis de préciser la nouvelle approche du conseil municipal, à savoir de réduire la facture, utiliser les subventions disponibles et chercher des partenaires avant de relancer officiellement le projet. Le débat demeure toutefois bien présent à Saint-Martin. Si plusieurs citoyens reconnaissent l’intérêt d’une nouvelle infrastructure sportive, d’autres souhaitent que la Municipalité limite au maximum l’impact financier à long terme pour l’ensemble des contribuables.

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