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LETTRE OUVERTE | Pesticides : l’utilisation des néonicotinoïdes ne tue pas les abeilles

Le président des Producteurs de grains du Québec et agronome Christian Overbeek est d’avis que l’utilisation des néonicotinoïdes ne tue pas les abeilles.
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Photo: Courtoisie Pixabay

Le président des Producteurs de grains du Québec et agronome Christian Overbeek est d’avis que l’utilisation des néonicotinoïdes ne tue pas les abeilles.

Le président des Producteurs de grains du Québec et agronome Christian Overbeek est d’avis que l’utilisation des néonicotinoïdes ne tue pas les abeilles. Il explique son point de vue concernant les pesticides dans une lettre ouverte, dont voici l'intégralité.

À la suite de la publication d’articles identifiant l’utilisation de pesticides néonicotinoïdes comme facteur principal de la mortalité des abeilles, les Producteurs de grains du Québec rappellent que cette problématique est avant tout multifactorielle. Les néonicotinoïdes, qui protègent par ailleurs les cultures contre plusieurs nuisances, ne sont pas les principaux facteurs de la mortalité des abeilles. Le projet de réglementation du gouvernement du Québec sur les pesticides devrait donc être réécrit afin d’en tenir compte.

Selon le Rapport sur la mortalité hivernale de colonies d’abeilles au Canada (2017) de l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture (ACPA), les quatre principales causes possibles des pertes de colonies à travers le pays sont les suivantes : « mauvaise qualité des reines, mauvaises conditions météorologiques en hiver et au printemps, mesures inefficaces de lutte contre le varroa et faiblesse des colonies à l’automne. » Ni les néonicotinoïdes, ni même les pesticides en général, ne font partie de cette courte liste. Les rapports des années précédentes vont dans le même sens. Même son de cloche en France, où le Réseau Biodiversité pour les abeilles, citant le ministère de l’Agriculture, identifie le varroa, un acarien parasite, comme étant l’ennemi numéro 1 des abeilles.

Les néonicotinoïdes actuellement en usage ici sont approuvés par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada, qui homologue les pesticides à la suite d’une évaluation rigoureuse et fondée sur des données scientifiques afin de s’assurer que les risques qu’ils posent sont acceptables. Plus de 350 scientifiques y travaillent quotidiennement.

Évidemment, une utilisation impropre de toute substance, incluant un pesticide, peut amener des conséquences non désirées. Cependant, force est de constater que, à elle seule, l’utilisation adéquate et ciblée des néonicotinoïdes ne détruit pas les colonies d’abeilles. En effet, la mortalité hivernale des abeilles est une problématique multifactorielle, qui mérite une réponse équilibrée. En ce sens, nous espérons que le gouvernement prendra nos recommandations en considération et qu’il révisera son projet de réglementation sur les pesticides. C’est par la poursuite d’une utilisation planifiée, réfléchie et appuyée par un soutien adéquat et de la recherche rigoureuse que nous maintiendrons l’équilibre que nécessite l’idée d’un développement durable.

Par Christian Overbeek, agronome, président des Producteurs de grains du Québec

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