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L'immigration comme bouée de sauvetage

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16 décembre 2019
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L’IMMIGRATION COMME BOUÉE DE SAUVETAGE

 

Seriez-vous surpris si je vous disais que l’avenir de l’économie québécoise dépend et dépendra encore plus de notre capacité à accueillir des immigrants?

 

Si vous êtes surpris, c’est que vous ne suivez pas assidûment l’actualité économique. Si vous pensez encore que les immigrants sont des voleurs de jobs, vous devrez mettre à jour vos préjugés.

 

La démographie ne ment pas

On écrit souvent, parfois avec raison, que l’on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres. Dans le cas de la démographie, que mon Larousse définit comme «la science qui a pour objet l’étude quantitative des populations humaines, de leur évolution et de leurs mouvements», impossible de faire mentir les chiffres.

 

En 2018, on a recensé 83 800 naissances au Québec. Dans 20 ans, on ne pourra donc pas compter sur plus de 83 800 nouvelles personnes sur le marché du travail. Au Québec, le taux de fécondité se situe à 1,54 enfant par femme. Or, le taux de remplacement pour éviter que la population diminue est de 2,1 enfants. Année après année, la population est donc appelée à diminuer. Pour combattre cette tendance lourde, il n’y a pas 36 solutions; il nous faut accueillir des immigrants.

 

Situation d’urgence

La semaine dernière, la Présidente-directrice générale des Manufacturiers Exportateurs du Québec, Véronique Proulx, publiait une lettre dans plusieurs médias québécois dans laquelle elle pressait les gouvernements fédéral et provincial à assouplir la législation régissant l’immigration de travailleurs étrangers pour en faciliter l’arrivée.

 

Vingt-cinq dirigeants d’entreprises québécoises, dont Marc Dutil, Président et Chef de la Direction du Groupe Canam, cosignaient la lettre avec Madame Proulx.

 

Présentement, 19 400 postes sont à pourvoir dans diverses entreprises manufacturières à l’échelle du Québec. Malgré des besoins clairement identifiés, la réglementation de nos gouvernements tarde à s’adapter. Croyez-le ou non, une fois qu’un travailleur étranger a été recruté, il faut de neuf à douze mois pour obtenir la paperasse nécessaire.

 

Et pendant ce temps-là, nos entreprises doivent refuser des commandes, renoncer à des investissements pour moderniser leurs installations et sont incapables de remplacer des employés qui quittent pour leur retraite. Frustrant, n’est-ce pas?

 

Une immigration rentable pour tous

Et pourtant, faire preuve d’une certaine souplesse pour faciliter l’arrivée dans nos entreprises de travailleurs étrangers ne coûterait rien aux gouvernements. Il suffit tout simplement de faire preuve d’un peu d’ouverture, de souplesse pour rendre plus facile tout le processus.

 

De plus, l’arrivée de travailleurs étrangers finira par être rentable pour les gouvernements. En effet, ces travailleurs paieront des impôts et des taxes à la consommation, contribuant ainsi à faire rouler notre économie.

 

De leur côté, les entreprises pourront réaliser plus de contrats verront leur chiffre d’affaires augmenter, achèteront plus de composants auprès de fournisseurs, paieront aussi des impôts et seront en mesure d’investir pour assurer leur croissance. Ainsi, tout le monde y trouvera son profit. Pas besoin d’un doctorat en économie pour comprendre ça!

 

En tardant à agir, nos dirigeants gouvernementaux contribuent à freiner notre économie. Il y a des coups de pied au derrière qui se perdent.

 

Difficile recrutement

On a beau afficher les postes vacants, peu ou pas de candidats se présentent. C’est facile à comprendre, avec un taux de chômage de 2,7 % en Chaudière-Appalaches, c’est le plein-emploi. Les personnes aptes au travail ont déjà un emploi.

 

Plusieurs entreprises ont entrepris elles-mêmes des démarches pour recruter des travailleurs à l’étranger. Il y a aussi l’organisme La Beauce embauche qui multiplie les efforts pour recruter des travailleurs dans d’autres région du Québec et même à l’étranger.

 

Certaines de ces initiatives connaissent du succès et plusieurs entreprises de notre région comptent sur des travailleurs étrangers pour combler leurs besoins en main-d’œuvre. On en dénombre déjà plusieurs centaines.

 

Mélanie Grenier, agente d’intégration et de sensibilisation en immigration au Carrefour Jeunesse Emploi de Beauce-Sud, m’informait que, du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019, l’organisme avait desservi 497 personnes immigrantes qui se sont établies dans la MRC Beauce-Sartigan. Et ce nombre ne tient pas compte des initiatives privées de certaines entreprises qui ont procédé à du recrutement de façon autonome.

 

Madame Grenier ajoutait que, déjà, on prévoit l’arrivée en 2020 d’environ 200 nouveaux travailleurs étrangers au sein d’une trentaine d’entreprises. Ces travailleurs proviennent surtout d’Amérique latine, de France, de Madagascar et de Tunisie.

 

Les démarches effectuées par les entreprises ne sont pas gratuites. Un entrepreneur me confiait qu’il lui en coûte plusieurs milliers de dollars pour recruter un travailleur étranger.

 

Les dirigeants d’entreprises ne lésinent pas sur ces coûts. Ils ne demandent pas aux gouvernements de payer à leur place. Ils ne demandent pas non plus d’ouvrir toute grandes les portes à l’immigration pour laisser entrer n’importe qui. Ils souhaitent tout simplement que l’on assouplisse le processus d’immigration qui, actuellement, prend une éternité.

 

De grâce, chers dirigeants gouvernementaux, adaptez-vous à une nouvelle réalité et cessez de croire que l’on va pouvoir continuer à faire les choses de la même manière, alors que la réalité change. Faites vite, car, la situation n’ira pas en s’améliorant.

 

Visionnez tous les textes d'opinion de Pier Dutil

 

PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine à tous les gens impliqués dans le processus d’immigration au sein de nos gouvernements :

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