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13 janvier 2020 - 18:00

Le Moyen-Orient et nous

LE MOYEN-ORIENT ET NOUS

La semaine dernière, pour débuter la nouvelle année, je vous ai fait part de quelques bonnes nouvelles. Ça ne signifie pas pour autant que j’observe le monde avec des lunettes roses.

Il n’aura fallu que quelques jours pour que la réalité me rejoigne avec son lot de mauvaises nouvelles et, cette fois, on n’y ait pas allé de main morte.

Donald Trump VS l’Ayatollah Khamenei

Le vendredi 3 janvier, avec fierté, le Président américain Donald Trump, proclame l’assassinat d’un important général iranien, Qassem Soleinani. Il justifie cette intervention en expliquant que le général iranien préparait des attaques imminentes contre des soldats américains, sans être en mesure de fournir plus de détails.

Personnellement, cela m’a rappelé le Président George W. Bush qui, en 2003, avait justifié l’intervention des forces armées américaines en Irak par le fait que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qu’il s’apprêtait à utiliser contre les États-Unis. L’armée américaine a envahi l’Irak, capturé Saddam Hussein, l’a pendu, mais jamais, au grand jamais, n’a-t-on trouvé d’armes de destruction massive. Alors que l’on prétendait vouloir installer la démocratie en Irak, après 17 ans, c’est toujours le chaos.

En réponse à l’assassinat de son général Soleinani, l’Ayatollah Khamenei a lancé de missiles balistiques sur une base en Irak où se trouvaient des soldats américains, prenant bien soin de ne tuer personne.

Puis, voilà qu’un avion ukrainien en partance de la capitale iranienne, Téhéran, s’écrase, faisant 176 innocentes victimes, dont plus d’une cinquantaine résidaient au Canada. À ma grande surprise, les dirigeants iraniens ont reconnu être responsables de ce raid meurtrier, précisant toutefois qu’il s’agissait là d’un accident.

Forte tension sur la planète

Suite à ces dix jours de forte tension, la planète a retenu son souffle, craignant le déclenchement d’une guerre qui embraserait le Moyen-Orient et, par extension, plusieurs pays.

Malheureusement pour le sort du monde, les États-Unis et l’Iran sont dirigés par des instables. Depuis un peu plus de trois ans, on a appris à connaître un Donald Trump qui souffle à la fois le chaud et le froid, qui dit une chose sur Twitter le matin et qui dit son contraire plus tard dans la même journée, qui lance de fausses nouvelles, attaque ses alliés et tente de d’établir des relations amicales avec ses pires ennemis. En somme, le Président américain est tout à fait imprévisible.

Du côté de l’Iran, depuis la révolution de 1979, on a mis en place une théocratie où les dirigeants ont installé une dictature utilisant l’Islam pour justifier tous leurs gestes, lesquels, pourtant, n’ont souvent rien à voir avec la religion.

En 2015, une entente avait été conclue entre l’Iran et plusieurs pays occidentaux pour mettre fin au développement des armes nucléaires. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que Donald Trump décide de retirer les États-Unis de cette entente, d’où le grabuge actuel.

Présentement, personne n’est en mesure de savoir où tout cela va nous mener. Une chose est sûre, quand des puissances sont dirigées par des malades, tout est possible. Il suffirait que les fils se touchent ou qu’un dirigeant ait une crampe au cerveau pour que le présent conflit devienne une véritable guerre.

Des impacts chez nous 

Je ne prétends pas vouloir vous faire peur, mais notre vie de tous les jours est affectée par ce conflit.

D’accord, ce n’est pas demain que le Canada, le Québec et la Beauce vont être bombardés et subir des dommages physiques.

Pourtant, déjà, plus d'une cinquantaine de Canadiennes et Canadiens sont décédés dans l’accident d’avion survenu en Iran. Il y a peu de chance que des gens d’ici entreprennent un voyage en Irak ou en Iran et mettent ainsi leur vie en danger.

Cependant, on a déjà ressenti un impact sur le prix de l’essence à la pompe. L’instabilité de l’approvisionnement en pétrole fournit une belle occasion aux pétrolières pour augmenter le prix de l’essence. Il faut reconnaître que les pétrolières ont la gâchette fragile quand vient le temps de décréter une hausse du prix de l’essence.

De plus, nos soldats canadiens, qui se trouvent au Moyen-Orient, voient leur vie menacée encore plus quand les États-Unis et l’Iran se querellent sur le territoire d’un tiers pays comme c’est le cas actuellement en Irak.

Enfin, quand le risque d’une guerre se fait sentir, l’économie se met à tourner au ralenti. L’économie a toujours peur de l’incertitude et, lorsqu’elle s’inquiète, cela n’annonce rien de bon.

Il peut être rassurant de conclure que ce conflit se déroule bien loin de chez nous et qu’il y a peu de risques que l’on soit directement touchés. Mais, ne soyons pas naïfs pour autant, car les conflits armés finissent toujours pas avoir des impacts sur l’ensemble de la planète.


Visionnez tous les textes d'opinion de Pier Dutil

PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine à tous les citoyens de la planète : :

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