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23 novembre 2020 - 18:00

La balle est dans notre camp

LA BALLE EST DANS NOTRE CAMP

À un mois de Noël, les autorités gouvernementales et de la Santé publique ont décidé de miser sur les citoyens du Québec en permettant de célébrer Noël avec le moins de mesures contraignantes possible.

Que tous les conspirationnistes, «covidiots» et défenseurs québécois de la «libarté» se le tiennent pour dit; on a décidé de mettre la balle dans notre camp. À nous de démontrer ce que l’on en fera.


Joyeux Noël!

Après des mois de confinement total ou partiel, de mesures contraignantes et de multiples précautions, nos dirigeants n’étaient pas sans savoir que les gens avaient besoin d’une pause pour Noël. Même si la grande majorité de Québécoises et de Québécois s’est conformée aux consignes, si on avait maintenu la ligne dure, il y avait fort à parier que plusieurs seraient passés dans le camp des tricheurs à Noël. 

Ainsi, il nous sera donc permis de se rassembler, 10 personnes à la fois, entre parents et/ou amis pour célébrer Noël du 24 au 27 décembre prochains. Évidemment, on compte sur la collaboration de chacun pour que ces rencontres se déroulent dans un climat de prudence. Pas question de se lâcher lousse. Pas besoin non plus de penser qu’il faudra fêter durant ces quatre journées en multipliant les rencontres.

En procédant ainsi, nos dirigeants prennent un grand risque. On sait déjà que, à chaque année, après les célébrations de Noël et du Jour de l’An, nos urgences débordent de patients qui ont la grippe ou la gastro. S’il fallait qu’au début de 2021 nous soyons frappés en plus par une forte éclosion de nouveaux cas de COVID-19, cela risquerait d’être catastrophique. Il faut s’attendre à ce qu’il y ait de nouveaux cas, mais tout se jouera autour du nombre de personnes infectées.
 

Oublions le Jour de l’An

Plusieurs se demandent pourquoi pouvoir célébrer Noël et non pas le Jourde l’An. C’est pourtant facile à comprendre. Entre le 27 décembre et le retour au travail et la réouverture des écoles, il y aura un délai d’un peu plus d’une dizaine de jours, soit le temps qu’il faut au coronavirus pour se manifester. En respectant ce délai, les personnes qui pourraient être infectées durant les célébrations de Noël pourront être décelées avant de revenir au boulot ou à l’école, évitant ainsi une plus grande éclosion.

Quant au personnel de la santé qui, d’habitude, opte soit pour le congé de Noël, soit pour celui du Jour de l’An, pourquoi ne pas faire preuve d’un peu de souplesse en accordant à chacun des groupes deux jours à Noël. On reprendra les deux autres jours au Jour de l’An et tout le monde s’en portera mieux. Ainsi, tout le personnel aurait droit à ses rencontres avec familles et amis. 

J’entends déjà les patrons et les syndicats hurler que cela ne se fait pas, que ce serait compliqué à organiser, que ça perturberait les horaires de travail, etc. Mais avec un peu de bonne volonté et d’ouverture d’esprit, on devrait être en mesure de trouver des solutions permettant à tout notre monde d’y trouver son compte. Ce sera une occasion pour la lourde machine de la santé de démontrer que l’on est capable de s’adapter.
 

La deuxième vague frappe fort

Le petit répit que nous offrent nos dirigeants ne devrait pas nous amener à penser que l’on approche de la fin. La deuxième vague fait de sérieux ravages un peu partout dans le monde. Et, cette fois-ci, ce ne sont pas avant tout les personnes âgées qui sont frappées. Les jeunes de 18 à 34 ans sont présentement le groupe le plus affecté. Heureusement, ils décèdent en moins grand nombre, mais plusieurs devront vivre avec des séquelles comme nous le révélaient plusieurs victimes dans l’édition de samedi dernier du Journal de Québec.

Au Québec, on compte entre 1 000 et 1 500 nouveaux cas par jour et on enregistre une trentaine de décès. Jusqu’à date, il semble difficile d’aplatir cette courbe qui, heureusement, ne fluctue pas trop à la hausse. Combien de temps devrons-nous vivre avec un tel plateau, personne ne peut le dire.

Quand j’analyse la situation en Chaudière-Appalaches et, plus particulièrement en Beauce (MRC Beauce-Sartigan, Robert-Cliche et Nouvelle-Beauce), je constate que la deuxième vague a eu des impacts majeurs.

Durant la première vague, soit du début mars au 31 août, nous comptions 610 cas et huit décès en Chaudière-Appalaches. Du 1er septembre au 20 novembre, soit en à peine deux mois et demi, le nombre de nouveaux cas était de 4 866, soit une augmentation de 700 %. Quant aux décès, durant cette même période, on en a dénombré 114, une augmentation de 1 325 %.

Dans les trois MRC beauceronnes, la première vague nous avait pratiquement épargnés. Au 31 août, on dénombrait 128 cas et aucun décès. La situation a pris une tournure plus dramatique depuis puisqu’en date du 20 novembre, on recense 1 180 nouveaux cas, soit une croissance de 822 % et 114 décès.


À nous de jouer

Plusieurs opposants aux mesures contraignantes reprochaient au Gouvernement de vouloir nous infantiliser, voilà que, pour le congé de Noël, on fixe la largeur du corridor et on nous laisse le soin de déterminer comment on se comportera au sein de ce même corridor.

Nous avons l’occasion de prouver à la face du monde que nous sommes capables d’agir de façon responsable et respectueuse à l’égard de nos proches. Notre comportement déterminera ce qui se passera en janvier. À nous de jouer!
 

Visionnez tous les textes d'opinion de Pier Dutil

PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine aux Québécoises et Québécois qui célébreront Noël de façon responsable :

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