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La saga des vaccins

La saga des vaccins

LA SAGA DES VACCINS

Même si le nombre de nouveaux cas de la COVID-19 connaît une certaine baisse dans le monde suite à la mise en place de consignes plus ou moins sévères, il ne fait pas de doute que la vaccination massive de la population est perçue comme la seule et unique issue permettant de venir à bout de l’actuelle pandémie.

Depuis décembre dernier, divers vaccins ont été autorisés, mais leur distribution donne présentement lieu à des différends qui laissent perplexes les observateurs.

RAPPEL DES FAITS

Au moment de rédiger cette chronique, quatre vaccins sont disponibles et ont reçu les autorisations nécessaires à leur distribution dans divers pays.

Le premier vaccin autorisé est celui de Pfizer/BioNtech. Il a été suivi de près par celui de Moderna. Ces deux vaccins nécessitent l’application de deux doses et ont une efficacité de plus de 90 %.

Ont suivi le vaccin chinois Sinopharm et le russe Spoutnik V au sujet desquels il est plus difficile d’obtenir des informations précises, car on connaît tous le manque de rigueur de ces pays totalitaires. En dehors de la Chine et de la Russie, ces vaccins sont peu utilisés.

Au cours des prochains jours, on s’attend à ce que le vaccin AstraZeneca/Oxford, récemment autorisé en Europe, reçoive les autorisations nécessaires de Santé Canada. Ce vaccin est efficace à 70 % et nécessite l’application de deux doses. Finalement, le vaccin développé par Johnson & Johnson, efficace entre 65 % et 85 % et ne nécessitant qu’une seule dose, pourrait recevoir les autorisations nécessaires au cours des prochaines semaines ou des prochains mois.

DES PROBLÈMES DE FABRICATION ET DE DISTRIBUTION

L’arrivée sur le marché de ces nouveaux vaccins est une nouvelle réjouissante. Mais on a vite constaté que, avant de se retrouver dans les bras de la population, ces vaccins connaissent des problèmes de production et de distribution.

Malgré des commandes fermes avec plusieurs Gouvernements, Pfizer/BioNTech ne parvient pas à respecter ses dates de livraison. On explique que cela est dû à des travaux effectués à son usine de la Belgique d’où proviennent les vaccins à être livrés au Canada.

Selon les informations fournies par le premier ministre Justin Trudeau, le Canada devrait recevoir six millions de doses d’ici la fin mars : quatre millions de Pfizer/BioNTech et deux millions de Moderna.

Mais voilà que ces livraisons ne sont pas au rendez-vous. La semaine dernière, le Canada n’a reçu aucun vaccin. Zéro. Même si l’on tente de nous rassurer en disant que le retard sera comblé d’ici la fin mars, je vous avoue être quelque peu sceptique. De semaine en semaine, on nous annonce de nouveaux retards. Justin Trudeau affirmait que 20 millions de doses seraient reçus d’ici la fin juin et de 70 à 80 millions d’ici la fin septembre, ce qui permettrait de vacciner toutes les Canadiennes et les Canadiens désireux de recevoir le vaccin. Là encore, je demeure sceptique.

BATAILLE DE COQS

Début janvier, le premier ministre canadien prenait un ton moralisateur, sermonnant les provinces qui, selon lui, n’appliquaient pas assez rapidement les vaccins distribués à la grandeur du pays. Monsieur Trudeau affirmait qu’il ne voulait pas voir les vaccins dans les réfrigérateurs, mais plutôt dans les bras des Canadiens.

La réponse des provinces lui est revenue en plein visage, comme un boomerang, à savoir que les provinces s’occupaient de vacciner leurs concitoyens et que le rôle du Gouvernement fédéral consistait à fournir les vaccins, ce qui n’est présentement pas le cas.

Le premier ministre canadien n’est pas entièrement responsable de l’interruption des livraisons des vaccins, mais avant de faire la leçon à ses homologues provinciaux, Justin Trudeau devrait concentrer ses efforts sur l’approvisionnement, insistant auprès des compagnies pour qu’elles respectent les contrats signés.

La crise actuelle ne devrait pas donner lieu à des batailles de coqs entre politiciens. Il faut reconnaître que la situation actuelle de Justin Trudeau, à la tête d’un gouvernement minoritaire, est plutôt fragile. Le premier ministre a du mal à cacher son désir de déclencher une élection dans l’espoir d’obtenir une majorité à la Chambre des Communes.

Cependant, rien n’est moins certain que cela se produira. En plus de la crise créée par l’actuelle pandémie, le Gouvernement libéral est aux prises avec d’autres problèmes qui pourraient le hanter dans le cadre d’une campagne électorale, à savoir l’affaire Julie Payette et l’attente d’un jugement du Commissaire à l’éthique du Canada qui doit se prononcer sur le cas We Charity dans laquelle les Libéraux et la famille Trudeau sont impliqués.

En tant que citoyens, nous nous attendons à ce que chaque partie joue pleinement son rôle et respecte les compétences de chacun. Que le fédéral s’occupe d’approvisionner le pays en un nombre de vaccins suffisant dans les plus brefs délais et que les provinces s’assurent que les vaccins se retrouvent le plus rapidement possible dans les bras de leurs commettants. 

Présentement, au Québec, l’objectif de distribuer 225 000 doses en date du 8 février est dépassé. En effet, les 238 143 doses reçues sont déjà dans les bras d’autant de Québécoises et de Québécois et on est en attente de la réception de nouvelles doses.

Comme le dit l’adage : «À chacun son métier et les chèvres de Monsieur Séguin seront bien gardées!»
 

Visionnez tous les textes d'opinion de Pier Dutil

PENSÉE DE LA SEMAINE

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