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Étude de l'Université de Rochester

Les traitements contre le cancer font vieillir les jeunes prématurément

durée 15h00
13 janvier 2026
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Par La Presse Canadienne

Les adolescents et les jeunes adultes qui ont survécu à un cancer semblent vieillir plus rapidement que les autres, notamment en ce qui concerne des fonctions cérébrales comme la mémoire, l'attention et la capacité à gérer des informations, ont constaté des chercheurs américains.

Mais les nouvelles ne sont pas que mauvaises: ces jeunes peuvent mitiger ces séquelles, voire les renverser, en cessant de fumer, en faisant de l'exercice, en améliorant leur alimentation et en adoptant d'autres habitudes de vie saines, ont souligné les chercheurs du Centre médical de l'Université de Rochester.

«On sait que les chimiothérapies ou la radiation vont changer le contexte inflammatoire du système immunitaire et altérer aussi directement les cellules du corps», a dit la chercheuse Hélène Decaluwe, qui travaille sur le vieillissement des cellulaires immunitaires au CHU Sainte-Justine.

«Ces cellules vont vieillir plus rapidement que leur âge chronologique. Donc, un enfant qui aurait été traité par chimiothérapie ou radiation en jeune âge pour une leucémie ou pour un lymphome, vingt ans plus tard, ses cellules vont être plus vieilles que l'âge qu'il a chronologiquement.»

De nombreux survivants du cancer qui ont été traités pendant leur enfance ou leur adolescence tentent aujourd'hui de terminer leurs études, de lancer une carrière, de devenir indépendants ou de fonder une famille, mais des troubles cérébraux peuvent rendre ces projets difficiles à réaliser, ont indiqué les auteurs de l'étude par voie de communiqué.

Cela pourrait expliquer, ont-ils ajouté, pourquoi on constate que de nombreux survivants ont des résultats scolaires et professionnels moins positifs que ceux des autres jeunes.

L'étude a porté sur quelque 1400 jeunes qui avaient survécu, pour la plupart, à une leucémie lymphoblastique aiguë ou à un lymphome de Hodgkin. Tous étaient en rémission depuis au moins cinq ans, mais certains l'étaient depuis des décennies.

Des analyses génétiques ont révélé que les survivants vieillissaient plus rapidement au niveau cellulaire/biologique, quel que soit le traitement qu'ils avaient reçu pendant leur enfance, même si celui-ci ne ciblait pas le cerveau, ont confirmé les chercheurs. Leurs résultats ont même révélé que la chimiothérapie, qui peut modifier la structure de l'ADN et endommager largement les tissus et les cellules, est le traitement qui accélère le vieillissement le plus rapidement.

«Ça avait déjà été démontré que les enfants qui ont déjà eu un cancer durant l'enfance ou l'adolescence vont (...) avoir une fréquence de maladies cardiovasculaires plus élevée ou vont avoir, par exemple, une prise de poids accélérée ou certains marqueurs de santé qui étaient altérés ou qui étaient moins performants qu'un groupe du même âge, mais qui n'aurait pas eu ce cancer en jeune âge», a dit Mme Decaluwe.

Mais cette fois-ci, l'équipe américaine a également découvert que le vieillissement cellulaire est étroitement lié au fonctionnement du cerveau. Par exemple, les survivants ayant un âge biologique plus élevé (par opposition à l'âge indiqué sur leur certificat de naissance) avaient le plus de difficultés avec la mémoire et l'attention.

Cette étude se distingue aussi par le fait que les auteurs ont calculé ce que Mme Decaluwe appelle «une horloge épigénétique», ce qui leur a permis de comparer le vieillissement des cellules au vieillissement chronologique.

«Ça démontre qu'il y a vraiment (...) une association entre cette accélération de l'âge chronologique, qui devient en fait un âge épigénétique, et les impacts cognitifs sur le développement puis les performances cognitives à long terme et donc le risque d'avoir plus de difficultés au niveau cognitif en vieillissant», a précisé Mme Decaluwe.

Il s'agit dans les faits de symptômes qu'on pourrait associer au vieillissement chez des personnes âgées, «qui vont être un peu moins rapides, qui vont avoir plus de difficultés à se souvenir de certaines choses», a-t-elle ajouté.

Il est toutefois intéressant de constater que l'aspect épigénétique ne joue pas uniquement contre les jeunes, a dit la chercheuse, puisque les résultats de l'étude démontrent aussi que l'adoption de meilleures habitudes de vie peut modifier les méfaits causés par les traitements.

On ne peut nier que les traitements de radiothérapie ou de chimiothérapie sont indispensables à la survie des jeunes patients à court terme. La clé sera maintenant de trouver le juste équilibre entre ces traitements et la préservation d'une certaine qualité de vie au cours des années et même des décennies suivantes.

C'est pour cela, a dit Mme Decaluwe, qu'on essaie d'améliorer les traitements de chimiothérapie parce qu'on sait que «certains agents vont avoir un impact plus important sur le système immunitaire et donc aussi sur le système neurocognitif».

«Les hémato-oncologues ont des scores de gravité et ils essaient d'adapter l'importance du traitement au type de cancer et à la présentation de l'enfant pour minimiser au maximum les séquelles à long terme», a-t-elle dit.

Les résultats de la nouvelle étude pourraient d'ailleurs permettre un jour d'identifier les enfants les plus à risque de séquelles et qui auront donc besoin d'un suivi plus serré, a souligné Mme Decaluwe.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Nature Communications.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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