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Micheline Dumont raconte les 117 ans de féminisme au Québec

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6 mai 2010
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Une foule composée presque entièrement de femmes ont assisté mardi soir à un condensé des 117 ans d’histoire du féminisme québécois par l’historienne Micheline Dumont. Cette conférence s’est déroulée devant une salle comble de 110 personnes au Georgesville. 

Mme Dumont a rappelé à son auditoire les nombreux avancements réalisés depuis plus d’un siècle par le biais de son œuvre primée : « Le féminisme québécois raconté à Camille ». Dans ce livre écrite à sa petite-fille, la pionnière raconte l’évolution du féminisme des années 1893 jusqu’aux débats actuels. « D’abord, les femmes doivent être conscientes que les droits qu’elles ont maintenant ne sont pas arrivés tout seuls. Il y a des femmes qui se sont battues pendant plus de 30 ans. S’il n’y avait pas eu des femmes qui se sont battues, cela n’aurait pas avancé. C’est important que les femmes demeurent conscientes de cela. On a besoin que les femmes du 21e siècle soient encore féministes », pense Mme Dumont.

Évidemment, elle souligne que peu d’avancées ont eu lieu de 2005 à 2010. « Les changements qui concernent les femmes prennent beaucoup de temps à produire des effets. Prenez par exemple le droit de vote des femmes en 1940 au Québec. On célèbre cette année le 70e anniversaire. Or, c’est seulement en 1961 qu’une femme est devenue députée. Il a fallu attendre à la fin des années 1970 pour en avoir plus de cinq. Encore aujourd’hui, il y en a que 28 %. Cela bloque… On s’aperçoit encore aujourd’hui qu’il y ait beaucoup d’organisations où les hommes dirigent. Les femmes ont du mal à mettre le pied dans la porte de ces organisations », déplore Mme Dumont.

Certes, elle reconnaît que les femmes ont gagné du terrain au fil des dernières années, mais il reste beaucoup de chemin à faire. « Qu’est-ce que les femmes veulent? Elles sont maintenant 66 % en médecine. C’est vrai, mais ce qu’on oublie, des médecins il y en a pas tant que cela. S’il y a que, 20 000 médecins, cela ne fait pas beaucoup de femmes médecins », précise la professeure émérite de l’Université de Sherbrooke.

Cette dernière déplore également un trop grand nombre d’emplois peu rémunérés occupés traditionnellement par les femmes. À travers la province de Québec, le métier le plus répandu demeure celui de secrétaire. Mme Dumont critique qu’elles aient bien souvent des salaires à peine au-dessus du salaire minimum. Au moins, celui-ci vient d’augmenter à 9,50 $ le 1er mai dernier.

« Un tondeur de gazon en gagne 16 $ l’heure (à Sherbrooke). Une secrétaire peut gagner jusqu’à 14 $ de l’heure, c’est quoi l’affaire? Pour elle, on exige qu’elle connaisse l’anglais et le français, maîtrise l’informatique et un DEC en bureautique. Pour le gars qui tond le gazon, la seule chose dont il a besoin, c’est son permis de conduire… Il va gagner son 16 $ l’heure quand même », critique Mme Dumont.

La féministe engagée en avait aussi long à dire sur bien d’autres sujets d’actualité. « Même dans les sociétés modernes de 2010, les femmes sont toujours très sensibles au culte de la beauté, déplore cette dernière. Si vous saviez combien d’argent que les femmes dépensent pour leurs cheveux, maquillage, toilette, etc.. À mon avis, elles pourraient en dépenser 10 fois moins, et elles seraient toujours aussi belles. »

Bref, elle a aussi mentionné que les femmes ont pu gagner des droits, mais rien n’est acquis. « L’avortement n’est plus un crime au pays, c’est un droit pour les femmes depuis 1988. Nous avons un premier ministre au Canada qui refuse d’admettre cela et de financer des services d’avortement dans les pays du tiers-monde. Alors, c’est à cet endroit où c’est le plus important puisqu’énormément de femmes se font violer. Les droits des femmes sont toujours menacés », commente-t-elle.

Mme Dumont en était à une première visite à Saint-Georges. La conférence était organisée Solange Drouin, du Centre femmes, Isabelle Fecteau du Havre l’éclaircie, Lianne Loignon de l’AREQ et Augustine Nadeau de l’Aféas agissait à titre de comité organisateur.

Micheline Dumont a été la première lauréate du prix de la Société Royale du Canada. Ce Prix pour l'étude du genre, qui souligne une contribution importante à la compréhension des questions liées à la différence sexuelle.

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