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Violence conjugale : un combat interminable pour Marie-Claude Gagnon

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2 mars 2016
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Gabriel Gignac
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Par Gabriel Gignac, Journaliste

En mars 2015, une femme racontait son histoire de violence conjugale à EnBeauce.com sous la couverture du nom Mélinda. Presque un an plus tard, l'histoire continue et celle-ci a décidé de lever le voile sur son vrai nom, soit Marie-Claude Gagnon.

La femme de 34 ans a décidé de révéler son identité, car elle était tannée de se cacher. « Je crie haut et fort mon injustice et je veux partager mon histoire pour que les gens dénoncent plus rapidement et qu'ils n'aient pas à subir tout ce que j'ai subi et ce que je vis encore. J'ai toujours voulu faire la paix, mais maintenant c'est assez, je rentre en guerre », affirme-t-elle.

Une histoire interminable

Il y a environ un an, Mme Gagnon se battait pour obtenir la garde de ses enfants. Quelques semaines après la parution de l'article, celle-ci a obtenu une mauvaise nouvelle, elle sera coupée de son chèque d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC). Un psychiatre, qui a rencontré la victime deux fois pendant 30 minutes, affirme que celle-ci n'a plus aucune séquelle des événements alors que la psychologue de Marie-Claude Gagnon affirme au contraire que celle-ci est toujours atteinte psychologiquement par les événements. La psychologue de la femme parle notamment de syndrome névrotique envahissant, d'une nette détérioration du rendement social et personnel et de problème d'isolement, sans oublier l'anxiété et son incapacité à ressentir des émotions positives. 

Les parents de son ex-conjoint, qui a été reconnu coupable de voies de fait sur Marie-Claude Gagnon, ont tenté d'avoir la garde des enfants, ce que la cour a rejeté. L'homme a tenté d'entrer en contact souvent avec celle-ci alors qu'une injonction de la cour l'empêche. Il a tenté de la faire par téléphone, le réseau social Facebook, les parents de Marie-Claude et même en utilisant les enfants. « Le pire dans tout ça, c'est qu'il fait de la violence psychologique à mes enfants. Il dit à mes enfants que je suis une vidange. Il essaie d'obtenir des informations sur moi quand il leur parle. Il a même déjà dit à ma fille qui ne voulait pas aller vivre avec lui que si elle ne venait pas vivre avec lui, il allait mettre ses cochonneries aux poubelles », affirme Mme Gagnon qui a enregistré plusieurs photos et messages haineux à son égard provenant de son bourreau.

Mme Gagnon a dû se rendre à Baie-Comeau le 11 janvier dernier pour répondre aux demandes de l'homme qui avait demandé une modification des droits de visite de ses enfants. Celle-ci avait demandé le droit de participer par vidéoconférence, ce qui lui a été refusé. « J'avais peur de me rendre là seule. Je n'avais pas le choix de m'y rendre, je n'ai pas les moyens de me payer un avocat alors que lui avec sa situation, le gouvernement lui paie un avocat pour le défendre », dit la Beauceronne d'adoption.

Le système est coupable

Au cours de la dernière année, son ancien bourreau a fait une autre victime. L'homme a battu sa dernière conjointe avec qui il a eu un enfant. « Le système a permis ce crime, c'est un constat d'échec. Il m'a battu moi et il l'a battu elle. J'ai parlé à sa victime et nos histoires se ressemblent beaucoup. Je ne peux pas croire que notre société a permis à cet homme de récidiver aussi facilement. Mes enfants et l'enfant de madame sont également des victimes de notre système », déplore Marie-Claude Gagnon en soulignant que la violence conjugale est interminable quand il y a des enfants d'impliqués. Elle croit que le système devrait interroger les victimes d'actes de violence conjugale pour savoir comment agir. 

L'homme est présentement sous mandat d'arrêt pour avoir brisé des conditions et, selon les dires de la femme, la police attend qu'il sorte de chez lui avant de faire quelque chose. « Pourquoi attendre, simplement pourquoi », se questionne-t-elle. « Pourquoi cet homme a encore le droit de voir ses enfants, c'est un non-sens », ajoute-t-elle.

Marie-Claude Gagnon se bat depuis maintenant 16 ans et affirme être tannée de livrer le combat seule. « La vie m'a donné beaucoup de cicatrices et je veux simplement que la justice soit faite. Ma santé en a pris un coup et je veux simplement être heureuse et que mes enfants le soient aussi. J'essaie de partir un projet appelé “L'univers de Betty” pour m'aider et également aider les autres. Mon histoire a été assez dure, je ne veux pas qu'elle se répète encore et encore », conclut-elle.

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