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Quand l’expression « Donnez au suivant » veut dire « je t’aime depuis longtemps »

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24 octobre 2016
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Lorraine Légaré
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Par Lorraine Légaré, Journaliste

Lyne et Serge Poulin sont conjoints de fait depuis près de 25 ans. Alors que Serge a une excellente santé, de son côté, Lyne est née avec une malformation physique appelée « reflux urinaire vésico-urétéral de l’enfant » qui lui a causé de nombreux désagréments tout au long de sa vie, notamment une première opération, en 1962, alors qu’elle n’a que 3 ans, et une seconde à l’âge de 6 ans.

Ses deux reins ne fonctionnant pas, ou à un très faible pourcentage selon les époques, elle a souvent vu les sarraus des médecins et infirmières.

Les deux Beaucerons d’origine se sont rencontrés sur leur lieu commun de travail, soit Larivière Électronique, à Saint-Georges, devenu le Centre Hi-Fi. Serge gère déjà le commerce quand Lyne, après une première greffe du rein gauche, en 1986, d’un donneur décédé, qui détient maintenant un diplôme d’études professionnelles en comptabilité-la greffe ayant très bien réussi, en profite pour choisir une autre orientation professionnelle et vient tenir les livres chez Larivière Électronique, en 1987. Serge est marié, il est d’ailleurs le père d’Hubert Poulin, hockeyeur bien connu qui a évolué pour le Cool FM et qui est maintenant avec les Marquis de Jonquière, mais ce n’est qu’en 1992 que la flamme s’allume entre eux.

Une condition physique qui se dégrade lentement mais sûrement

À partir de la première greffe, en 1986, pendant près de 20 ans, Lyne mène une vie relativement normale et, bien qu’une personne qui a reçu un organe doive avoir un suivi serré jusqu’à la fin de ses jours, à part ses fréquentes visites à l’Hôtel-Dieu de Québec, les années s’écoulent, paisiblement.

Toutefois, vers le milieu des années 2000, sa condition physique se dégrade. Pendant une dizaine d’années, Lyne fait des infections urinaires à répétition, allant même jusqu’à trois par année, et développe une résistance aux antibiotiques. Ses deux reins natifs ne fonctionnent qu’à 5 % de leur capacité alors que le rein greffé décline. Rien ne va plus. En 2011, on soupçonne que les reins natifs sont problématiques et on les enlève. Lyne n’a plus qu’un rein et celle-ci présente des problèmes au niveau des glandes uretères, qui sont presque constamment infectées, ce qui fait en sorte que sa vessie ne se vide jamais complètement. Elle connaît des périodes où elle doit mettre une sonde dans l’urètre jusqu’à quatre fois par jour. En 2013, elle subit une autre opération.

Pendant toutes ces années, Lyne continue d’occuper son emploi, mais elle s’absente régulièrement, parfois pour plusieurs semaines. Pour elle, les journées de travail sont de plus en plus longues, de plus en plus pénibles et, le 24 décembre 2015, elle décide d’arrêter de travailler.

Pour son 50e anniversaire, Serge veut faire quelque chose de spécial

En janvier 2014, Serge fête ses 50 ans et souhaite faire quelque chose de spécial pour souligner le demi-siècle. Conjoint de Lyne depuis 1992, les problèmes reliés à des reins malades, il connaît. Il décide donc de s’inscrire au Registre de donneurs vivants jumelés par échanges de bénéficiaires (Registre DVEB) qui existe à l’échelle nationale depuis novembre 2010, en coopération avec Transplant Québec.

Le Registre DVEB permet, par le biais d’échanges entre des couples donneur-receveur incompatibles, de réaliser des greffes qui ne pourraient autrement avoir lieu. Serge va donc, sur une période de six mois, passer une batterie de tests afin de voir s’il pourrait donner un rein à sa conjointe. Les résultats des tests sont positifs et Serge est dorénavant sur une liste pancanadienne de donneurs vivants, toutefois, il ne sait pas encore si c’est à Lyne qu’ira son rein.

« Je ne savais pas si on allait être compatibles. Je ne pensais pas, parce qu’on n’a pas le même groupe de sang, mais ça ne me faisait rien, là, d’aller sur le programme d’échange canadien, au début de tout, même si ça n’avait pas marché avec Lyne. Je savais que j’irais plus loin », explique-t-il.

Serge donnera donc au suivant. Lyne, quand sa condition physique le permettra, recevra le rein d’un donneur vivant qui ne sera finalement pas son conjoint, car ils ne sont pas compatibles.

« C’est mon héros, il m’a sauvé la vie »

C’est toujours le donneur qui se déplace, et, le 27 septembre 2016, Serge se rend à Ottawa où il donne un de ses reins à une personne dont il ne connaîtra jamais l’identité, alors que, le même jour (la greffe a toujours lieu le même jour), Lyne, à l’Hôtel-Dieu de Québec, reçoit le rein d’un donneur dont elle ne connaîtra elle non plus jamais l’identité. Mais elle sait que c’est grâce au don de Serge qu’elle a reçu ce rein salvateur qui va lui rendre la santé alors qu’elle aurait pu attendre jusqu’à cinq ans pour recevoir le rein d’un donneur décédé.

Serge est de retour chez lui, trois jours plus tard, et Lyne revient à la maison le 18 octobre. Les deux chirurgies ont très bien fonctionné et les amoureux reprennent des forces avant de reprendre le travail, bientôt pour Serge.

« Je ne sais pas, quand Serge m’a dit ça, là, c’est dur à expliquer, c’est… je trouvais que c’était tellement un beau geste », souligne Lyne Poulin, émue, avec un sourire dans les yeux. « C’est mon héros. Tu sais, comme je dis, des fois, il m’a sauvé la vie », conclut-elle.

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