Université Laval
Les fractures n'ont rien de banal pour les aînés, rappelle une nouvelle étude
Les fractures n'ont rien de banal pour les aînés, rappelle une nouvelle étude pilotée par un chercheur de l'Université Laval, puisqu'elles sont associées à un risque de mortalité très élevé pendant le mois qui suit la blessure.
Et même si les fractures de la hanche, avec raison, sont habituellement celles dont on s'inquiète le plus pour nos proches âgés, elles sont loin d'être les seules à représenter une menace souvent insoupçonnée pour leur bien-être et leur survie, prévient le responsable de l'étude.
«C'est malheureux à dire, mais on entend souvent, 'c'est normal, votre mère a 88 ans, elle s'est fracturée la hanche, vous savez, il faut bien mourir de quelque chose', a dénoncé le docteur Jacques P. Brown, qui est professeur de clinique à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval. C'est souvent l'attitude que les gens ont.»
Ce sont pourtant des patients à qui, avec une prise en charge appropriée, on pourrait peut-être éviter une deuxième fracture, avec tout ce que cela représente comme fardeau pour le système de santé, mais encore faut-il «les diriger à la bonne place plutôt que de leur dire, 'ben écoutez, c'est normal, vous aviez 88 ans, faudrait éviter de tomber la prochaine fois'. Ce sont de belles occasions qui sont perdues», a dit le chercheur.
Le docteur Brown et ses collègues ont utilisé des données ontariennes pour comparer tout près de 100 000 sujets âgés de 66 à 105 ans ayant subi une fracture osseuse à des sujets identiques, mais sans blessure.
Les fractures de la hanche sont les plus dévastatrices. Cinq ans après une telle blessure, 45 % des femmes étaient toujours vivantes, soit 24 points de pourcentage de moins que ce qui est constaté dans le groupe de comparaison. Les fractures vertébrales et les fractures proximales (pelvis, fémur, sternum, côte, humérus, épaule) réduisent aussi considérablement les chances de survie sur un horizon de cinq ans.
«Ce sont des fractures qui amènent beaucoup d'immobilisation au lit, donc qui ont tendance à se compliquer», a expliqué le docteur Brown, une situation qui viendra souvent aggraver des problèmes de santé déjà présents.
Les fractures distales (tibia, péroné, genou, radius, cubitus et poignet) sont les moins menaçantes à ce sujet, avec un écart de seulement quatre points de pourcentage entre les deux groupes, possiblement parce qu'elles «vont entraîner moins d'invalidité fonctionnelle aux patients, moins d'alitements, moins d'immobilisations, donc moins de complications immédiates», a-t-il ajouté.
Sans grande surprise, les pires taux de survie ont été mesurés chez les hommes et chez les patients plus âgés.
Après l'âge de 50 ans, a rappelé le docteur Brown, ce sont environ les trois quarts des fractures qui surviennent dans la vie quotidienne qui sont associées à l'ostéoporose, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.
Pourtant, la prise de médicaments pour traiter l’ostéoporose réduit de 40 % sur trois ans le risque de nouvelles fractures de la hanche et de 70 % sur un an le risque de fracture des vertèbres, a-t-il souligné.
«On a réalisé que quand vous faites une fracture, vous êtes susceptible d'en présenter rapidement une deuxième qui augmente aussi votre risque à court terme, a dit le docteur Brown. On a observé que pendant deux ans et demi de suivi, 20 % de notre cohorte avait présenté une autre facture après être sorti du milieu hospitalier.»
L'année, et plus spécifiquement le mois, qui suivent la fracture sont des périodes particulièrement critiques, puisqu'on constate alors une chute rapide du taux de survie lorsqu’il y a eu fracture de la hanche, fracture des vertèbres ou fracture proximale.
Le maximum de décès survient dans les quatre à six premières semaines suivant la fracture, a poursuivi le docteur Brown. Considérant que les patients pourront être hospitalisés pendant un laps de temps similaire avant d'être transférés vers un centre de réadaptation, il y a là une occasion qui est «ratée», considère-t-il.
«On perd une occasion en or, au moment où ils n'ont pas encore quitté l'hôpital, de leur dire qu'ils ont une maladie (l'ostéoporose) et de les diriger vers leur médecin de famille pour une évaluation et pour initier un traitement qui existe, qui est accessible gratuitement et qui pourrait éventuellement prévenir (la deuxième fracture)», a indiqué le docteur Brown.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par le Journal of Bone and Mineral Research Plus.
Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne
RECOMMANDÉS POUR VOUS

La garderie Maison Let's go 2 se mobilise pour la Nuit des sans-abris
Dans le cadre de la Nuit des sans-abris , qui se tiendra le vendredi 16 octobre, trois éducatrices de la garderie Maison Let's go 2 à Saint-Georges se sont mobilisées, Nathalie Deblois, Megan Lebouc et Jennifer Hart Mejía . Pour être certaines de répondre aux besoins d’ici, elles ont contacté la travailleuse de rue Oriana Païnaye. « On ...
LIRE LA SUITE
Action de grâce: ouvert ou fermé?
Voici une vue d'ensemble non exhaustive de ce qui est ouvert ou fermé demain pour le jour de l’Action de grâce. La plupart des épiceries des grandes chaînes seront ouvertes selon l'horaire habituel. Il en est de même pour les pharmacies. Le Carrefour Saint-Georges sera ouvert de 9 h 30 à 17 h 30. Cependant, certaines boutiques et restaurants ...
LIRE LA SUITE
Une simulation nocturne pour préparer les pompiers au sauvetage nautique
Dans le cadre de leur programme de maintien des compétences, les équipes du Service de sécurité incendie (SSI) de Saint-Georges ont procédé à plusieurs exercices de sauvetage nautique cette semaine. EnBeauce.com s'est rendu sur place pour suivre l'une de ses simulations réelles mises en place après une recommandation du ministère de ...
LIRE LA SUITE
