Histoire d'une vie bouleversée
Un traumatisme crânien ça n'arrive pas qu'aux autres - Mélanie Boucher
Mélanie Boucher a vu sa vie basculer le 24 juin 2019 alors que le VR dans lequel elle se trouvait a percuté violemment le traversier à Tadoussac. Depuis, elle se démène pour sensibiliser la population de Québec et Chaudière-Appalaches aux traumatismes craniocérébraux (TCC).
Après cet événement qui a coûté la vie à son ami, Mélanie s'est battue pour se remettre sur pieds. Elle a passé cinq semaines dans le coma avant de vivre des mois de réadaptation.
« Même si ça va faire sept ans, je ne suis pas encore capable de dire que cet accident a modifié ma vie. Je te dis que l’accident a gâché ma vie », a-t-elle confié avec émotions lors d’une rencontre avec EnBeauce.com. « Oui j’ai réussi à faire du beau, mais moi dans ma tête j’ai pas le sentiment d’être forte. » Pourtant, elle reconnaît qu’elle a bien été obligée de l’être pour réussir à se relever comme elle l’a fait. Par ailleurs, elle admet également que le soutien de ses proches a été essentiel pour sa convalescence et sa rémission. « Si je n’avais pas été bien entourée, j’aurais lâché prise. (...) Il a fallu que je réapprenne tout, à parler, à manger, à marcher. Je pars de vraiment loin. »
Le plus dur pour elle à ce moment-là a été de perdre son indépendance. Un grand pas en avant a justement été de repasser son permis de conduire, deux ans après son TCC. « Ça a été une joie de retrouver mon permis de conduire. Je pense qu’on ne se rend pas compte à quel point on est bien avec un permis de conduire. »
Aujourd’hui, elle a retrouvé son autonomie, mais pas sa confiance en soi. « Je suis quand même autonome. Physiquement, je réussis à faire pas mal d'affaires, mais c'est psychologiquement que c’est le plus difficile. L’accident m’a fait perdre toute ma confiance en moi. Avant j'étais tout le temps active, je travaillais fort, j’étais toujours d’un bord puis de l’autre. » En ce sens, l’une de ses proches lui a confié un jour que cette nouvelle version de Mélanie lui plaisait beaucoup finalement. « Elle m’a dit: quand on parle tu es là à 100%. Parce qu’avant j’avais tout le temps des choses en tête », a admis Mélanie qui se souvient d’une vie très rythmée dans le passé. À ce jour, son quotidien a bien changé, elle n’est plus capable de faire deux choses en même temps et elle ne peut plus travailler.
Malgré les difficultés de son nouveau rythme de vie, Mélanie connaît ses limites et elle s’est trouvé une mission: la sensibilisation.
Protéger à tout prix
Depuis 2021, Mélanie est impliquée dans Les beaux 4h Fondation Martin-Matte afin d’amasser des fonds pour l’organisme Servio, installé à Saint-Georges et Québec, qui vient en aide aux personnes vivant avec un TCC et leurs proches. « C'est mon équipe. Ils me permettent de faire beaucoup de bénévolats, j'adore ça. J'en ai besoin parce que ça me fait sortir de chez nous et voir du monde », a-t-elle souligné.
Devenue Ambassadrice grâce à son implication, cette mission l’a aidé à reprendre confiance en elle. Ainsi, du 7 janvier au 7 février, elle parcourt avec détermination les rues de Québec et Chaudière-Appalaches pour transmettre son message.
« Ça peut être vraiment désastreux. Il y en a qui sont beaucoup plus touchés que moi physiquement », explique-t-elle aux citoyens à propos du traumatisme craniocérébrale. « Je trouve personnellement qu'on n'en parle pas assez. Ça peut arriver à tout le monde. Alors je leur dis que moi je l'ai vécu, je sais ce que c’est et je sais à quel point les conséquences et les séquelles peuvent être vraiment désastreuses. »
Un jour, alors qu’elle avait interpellé une famille pour les sensibiliser, un adolescent lui a confié honnêtement qu’il ne portait pas souvent son casque à vélo parce que ça le décoiffe. Puis, après avoir échangé quelques minutes avec Mélanie, il lui a indiqué qu’il avait changé d’avis et qu’il porterait désormais son casque à chaque fois. « Ça c’est ma paie ! C’est pour ça que je fais tout ça », a confié Mélanie, touchée par la franchise du jeune.
Elle a tenu à mentionner qu’un accident ce n’est pas prévu et on pense tout le temps que ça arrive juste aux autres. « Moi aussi je pensais ça avant mon accident. (...) J’aimerais que les gens arrêtent de penser ça. »
« J’aimerais pouvoir protéger tout le monde », a conclu l’ambassadrice. « Quand vous faites du vélo, du patin, de la trottinette, protégez votre tête et portez un casque. Les séquelles d'un TCC peuvent être très désastreuses alors on ne veut pas ça! Quand ça prend un casque, t’en met un! »
« Ça me ferait très plaisir que les gens m'encouragent et je les en remercie énormément! ». Pour soutenir sa démarche et faire un don, cliquez ici: https://www.jedonneenligne.org/fondationmartinmatte/campagne/lesbeaux4h/participants/view/5b17fd71-9ed7-11f0-a4c4-0050560131d2

