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Urgence à Québec, calme plat à Ottawa

durée 18h00
20 avril 2026
duréeTemps de lecture 5 minutes
Par
Pier Dutil

À Québec, depuis son assermentation à titre de 33e Première Ministre, Christine Fréchette ne dispose que de 172 jours pour tenter de sauver la Coalition Avenir Québec (CAQ) présentement sur le respirateur artificiel. Il y a urgence.

Pendant ce temps, à Ottawa, Mark Carney marche sur les eaux et vient tout juste d’obtenir le statut de Gouvernement majoritaire pour le Parti Libéral du Canada (PLC). C’est le calme plat.

Sauver les meubles

Christine Fréchette a remporté le duel qui l’opposait à Bernard Drainville à la chefferie de la CAQ il y a tout juste neuf jours. Le temps des célébrations n’aura pas duré puisque, dès le lendemain, la nouvelle Première Ministre s’attelait à la lourde tâche qui l’attend pour gouverner le Québec et, en même temps, faire l’unité au sein de son parti en vue des prochaines élections prévues le 5 octobre prochain. 

Demain, Christine Fréchette présentera son Cabinet qu’elle souhaite plus restreint et annonciateur de changement. C’est là un exercice périlleux qui fera sans doute plusieurs déçus.es, cela pouvant même mener à des démissions. 

En tant que Beauceron, je souhaite que Samuel Poulin, présentement ministre responsable de la Jeunesse et ministre délégué aux petites et moyennes Entreprises puisse trouver un siège au sein du Cabinet. Mais j’ai un petit doute, car Poulin a appuyé Bernard Drainville dès le début de la course à la chefferie.

Un parti à l’agonie

Si l’on se fie aux plus récents sondages, Christine Fréchette a hérité d’un parti à l’agonie, ce même parti qui, après avoir fait élire 90 Députés en 2022, risque de n’en faire élire aucun en octobre prochain, du jamais vu.

Ces mêmes sondages annoncent une lutte entre le Parti Québécois (PQ) et le Parti Libéral du Québec (PLQ). Tout indique que l’on risque fort de se retrouver avec un Gouvernement minoritaire.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour la nouvelle Première Ministre. Il lui reste bien peu de temps pour imposer son style, mettre en place des réformes et des mesures susceptibles de plaire aux électeurs. La mission n’est peut-être pas impossible, mais elle sera très ardue.

Le PQ a trôné en première place dans les sondages depuis juin 2024, passant de 39 % d’appuis à la fin de 2025 à 29 % présentement. La promesse de Paul St-Pierre Plamondon de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec semble plomber ses appuis. La souveraineté du Québec ne recueille plus que 28 % des intentions de vote des électeurs québécois.

Pendant ce temps, le nouveau chef libéral, Charles Milliard, semble en mesure de redonner un nouveau souffle au PLQ. Il faudra voir ce qu’il a à proposer. Pour l’instant, il manque de viande sur l’os libéral.

Le Parti Conservateur du Québec (PCQ) et son chef, Éric Duhaime, seront en position de faire une entrée officielle à l’Assemblée nationale grâce à des appuis prometteurs dans les régions de la Capitale nationale et de Chaudière-Appalaches, notamment dans Beauce-Sud et Beauce-Nord, où je ne serais pas surpris de voir arriver Éric Duhaime.

Quant à Québec solidaire, il ne cesse de baisser dans les sondages et on serait tenté de changer le nom du parti pour Québec solitaire.

À la prochaine élection, le sort de Christine Fréchette pourrait ressembler à celui de Kim Campbell qui, en 1993, après avoir succédé à Brian Mulroney, a subi toute une rebuffade, ne faisant élire que deux Députés conservateurs ou à celui de Mark Carney qui, après avoir pris la direction du Parti Libéral du Canada (PLC), voué à une défaite annoncée, est parvenu à reprendre le pouvoir.

Les jeux sont faits

L’arrivée de Christine Fréchette à la direction de la CAQ fait en sorte que, lors de l’élection d’octobre prochain, trois des cinq partis en lice seront dirigés par de nouveaux chefs. En plus de Madame Fréchette à la CAQ, Charles Milliard au PLQ et Ruba Ghazal chez QS en seront à leurs premières armes à la direction de leurs partis.

Fait à signaler, ce sera également la première fois que deux des chefs sont des homosexuels avoués. C’est le cas pour Charles Milliard au PLQ et Éric Duhaime au PCQ. Cela démontre une ouverture d’esprit auprès de l’électorat québécois.

Avec cinq partis en lice, les électeurs québécois ne pourront se plaindre de ne pas avoir de choix.

Une majorité étrange à Ottawa

À Ottawa, suite à trois élections partielles remportées par les Libéraux et aux cinq transfuges (quatre Conservateurs et une NPD), Mark Carney peut donc gouverner en toute quiétude, disposant maintenant d’une majorité qui lui assure de demeurer au pouvoir jusqu’en 2029.

Même si, avant les élections partielles du 13 avril dernier et l’arrivée des cinq transfuges, Carney dirigeait un Gouvernement minoritaire, le risque d’un renversement n’était pas très élevé.

En effet, au sein du PCC, le leadership de Pierre Poilievre n’est pas très solide. La perte de quatre Députés et le risque de voir d’autres Conservateurs traverser la Chambre des communes n’a rien de rassurant pour le chef conservateur.

Du côté du NPD, l’élection d’un nouveau chef, Avi Lewis, pour succéder à Jagmeet Singh le 29 mars dernier, ne semble pas soulever un enthousiasme délirant. De plus, le caucus du NPD, réduit à seulement six Députés, fait bien peu de bruit. Enfin, la situation financière du NPD est dans le rouge, ce qui contribue à enlever le goût à ses Députés de se lancer dans une nouvelle campagne électorale.

C’est ce qui me permet d’affirmer qu’à Ottawa, c’est le calme plat.

Les transfuges

Les cinq Députés qui ont opté pour joindre les rangs du PLC afin de participer au pouvoir à Ottawa ont trahi le mandat de leurs électeurs. C’est un affront à la démocratie.

Personnellement, je suis totalement opposé au passage d’un parti politique à un autre par un Député. Ce qui s’est produit à Ottawa au cours des derniers mois, à moins d’un an de la dernière élection, est déplorable et contribue à rendre les électeurs de plus en plus cyniques.

J’accepterais cependant qu’un Député en brouille avec son parti puisse décider de siéger à titre d’indépendant. 

Courage

Il ne reste que 1 006 jours au mandat de Donald Trump.

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Pensée de la semaine

Je dédie la pense de la semaine aux candidates et candidats qui se préparent pour la prochaine élection provinciale au Québec :

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