Visite d'une délégation de trois régions
Travailleurs étrangers temporaires: «beaucoup d'incompréhension» à Ottawa
«Nos entreprises ont besoin d'être entendues, et cette initiative démontre l’urgence de la situation, mais aussi la solidarité du Québec entrepreneurial et des élus dans la représentation des réalités du terrain. Nous maintenons la pression, car trop peu a été fait jusqu’à maintenant», a déclaré le président de la Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches, Daniel Turcotte.
Au nombre des rencontres, celle avec la ministre de l’Industrie, et ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec, Mélanie Joly, que l'on aperçoit au centre, recevant une clé symbolique en aluminium.
Bon nombre des élus fédéraux, en particulier ceux du gouvernement libéral en place, ne sont pas vraiment conscients des impacts dévastateurs pour les régions, des restrictions apportées au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
C'est du moins le bilan dressé par le directeur général de Chaudière-Appalaches Économique, Philippe Mailloux, à l'issue d'une visite de deux jours à Ottawa, d'une délégation réunissant des représentants du milieu municipal, manufacturier, et de développement économique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec.
«Plusieurs pensent que le dossier a été réglé avec l'annonce du 13 mars, sur le sursis d'un an pour la mise en application des restrictions. Il y a beaucoup d'incompréhension sur les enjeux véritables et les conséquences», a partagé le directeur lors d'un entretien téléphonique avec EnBeauce.com.
Si les assouplissements au programme et le sursis permettent à certaines entreprises de maintenir leur nombre actuel de travailleurs et d’en augmenter le seuil de 10 % à 15 %, cela demeure insuffisant pour le milieu des affaires. Comme l'ont fait valoir les représentants régionaux sur la colline parlementaire, il est important que le gouvernement fédéral prolonge les permis de travail pour le secteur régional manufacturier d’au moins 24 mois, a rappelé M. Marcoux.
Signalons que les régions représentées — pour la Beauce, on retrouvait les porte-parole des entreprises BOCCAM, Beauce Atlas et Turbo Images, les préfets de la MRC de La Nouvelle-Beauce et de Beauce-Centre, Olivier Dumais et Patrice Mathieu, ainsi que la directrice générale de Développement Économique Nouvelle-Beauce, Marlène Bisson — affichent des taux de chômage parmi les plus bas du Québec. Cette situation traduit des effets considérables amenant une rareté de main-d'œuvre persistante et structurelle, amplifiée par le vieillissement de la population et un bassin de travailleurs qualifiés insuffisant pour répondre aux besoins des employeurs.
La délégation a notamment rencontré la ministre de l’Industrie, et ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec, Mélanie Joly, le ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement et lieutenant du Québec, Joël Lightbound ainsi que le Secrétaire parlementaire de la ministre de l’Industrie, Carlos Leitão. Des discussions avec le caucus québécois des députés du Parti conservateur, qui comprend celui de Beauce, Jason Groleau, ont également eu lieu, ainsi qu'avec l'élu Alexis Deschênes, du Bloc Québécois.
Lors des échanges, le groupe a dressé un portrait complet de la situation, avec des données concrètes, des témoignages de dirigeants d'entreprises et de travailleurs étrangers, ainsi que des proposition d'avenues de solutions adaptées aux réalités régionales.
Aussi, en conférence de presse à la Tribune de presse parlementaire, le président de la Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches (TREMCA), Daniel Turcotte a bien résumé l'objet de la visite: «Nous ne venons pas à Ottawa pour nous plaindre. Nous venons avec des données, des témoignages et des solutions. Nos entreprises ont besoin d'être entendues, et cette initiative aujourd’hui démontre l’urgence de la situation, mais aussi la solidarité du Québec entrepreneurial et des élus dans la représentation des réalités du terrain. Nous maintenons la pression, car trop peu a été fait jusqu’à maintenant.»
En marge des rencontres tenues sur la colline, et en guise de symbole fort, une clé en aluminium fabriquée au Québec a été remise aux élus du Québec et au conseil des ministres. «Elle représente les portes que tant d’employeurs ne parviennent plus à ouvrir, les équipes qu'ils ne peuvent plus compléter, les projets laissés en suspens et, pour certains, la menace réelle de mettre la clé dans la porte. Cette clé est aussi l’emblème de notre détermination: celle d'ouvrir le dialogue avec le gouvernement fédéral et de trouver des solutions concrètes qui respectent les réalités régionales du Québec comme de partout ailleurs au Canada», ont fait valoir les membres de la délégation.
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