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Pier Dutil

Un an de chaos... Et ce n'est pas fini

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26 janvier 2026
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Par Pier Dutil

Le 20 janvier dernier, il y avait un an que Donald Trump avait été assermenté à titre de 47e Président des États-Unis. 

Il lui aura suffi d’un an pour créer le chaos à l’échelle mondiale et, malheureusement, il en a encore pour trois ans au pouvoir.

Des promesses non tenues

Tout au long de sa campagne électorale, Donald Trump avait misé sur deux points majeurs : l’économie (baisse des prix, création d’emplois) et l’immigration (expulsion de 11 millions de sans-papiers). À date, il a échoué sur les deux plans.

En imposant des tarifs douaniers inégaux à l’ensemble des pays qui exportent aux États-Unis, Trump a fait en sorte que plusieurs produits ont subi une augmentation de prix ressentie par les consommateurs américains. D’ailleurs, quant à savoir si les Américains appuient leur Président sur sa performance économique, seulement 37 % répondent favorablement.

Les tarifs en question feront l’objet d’une décision de la Cour suprême à venir dans les prochains jours quant à leur légalité. Un revers de ce côté serait catastrophique pour Trump, surtout que la majorité des juges de la Cour suprême ont été nommés par Trump et qu’il s’attend à un retour d’ascenseur.

Du côté de l’immigration, la mise en place d’une police spéciale, ICE, est en train de virer au gâchis. Les arrêts de milliers de personnes, même celles qui ont des permis de résidence officiels, sur la base de la couleur de leur peau nous rappelle les pires moments de la Gestapo, la police mise en place par Hitler pour s’attaquer aux Juifs.

Les récents évènements survenus au Minnesota causant la mort de deux personnes et l’arrêt d’un enfant de cinq ans en ont révolté plus d’un. Le taux d’approbation de la politique de Trump sur l’immigration ne rallie que 38 % des Américains.

Non-respect des institutions

Depuis son arrivée au pouvoir, Trump se comporte comme s’il était un roi. Il gère le pays à coup de décrets dont plusieurs ont été considérés comme illégaux. Il en a signé 227 au cours de la première année de son deuxième mandat, alors qu’il en avait utilisé 220 tout au long de son premier mandat.

Il ignore les deux chambres du Congrès qui sont devenues pratiquement inutiles dans les circonstances, il a mis sous sa botte le système de justice américain qu’il utilise à ses fins de vengeance en poursuivant tous ceux qui osent s’opposer à ses positions et il tente de prendre le contrôle de la Banque centrale américaine, la FED, dont il confronte ouvertement son Président, Jerome Powell, qu’il a lui-même nommé à ce poste lors de son premier mandat.

Un désastre à l’international

Alors qu’il avait promis de se tenir à l’écart des dossiers à l’international pour se concentrer sur la gestion à l’interne afin de redonner sa grandeur à son pays «Make America Great Again» (MAGA), il est intervenu dans de nombreux dossiers, là encore sans succès.

Sa promesse de mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures est un échec, son plan de paix pour la bande de Gaza en est encore à sa première phase et des centaines de Palestiniens périssent encore sous les tirs israéliens. Et, la mise en place de son Conseil de la paix, qui regroupe des dirigeants majoritairement autocrates et dont il assumera la présidence à vie, n’annonce rien de bon pour la population de la bande de Gaza.

Pendant qu’il se vantait de n’avoir jamais envoyé des soldats américains dans un pays étranger, la marine américaine coule des bateaux dans les Caraïbes et dans le Pacifique sous le prétexte non-prouvé qu’il s’agit de bateaux transportant de la drogue, cela à l’encontre du droit international.

Son enlèvement du Président vénézuélien, Nicolas Maduro par des soldats américains reçoit certains appuis parce qu’il s’agissait là d’un dictateur. Mais n’allez pas croire que Trump a posé ce geste pour améliorer le sort de la population du Venezuela. Il reluque plutôt la plus grande réserve mondiale de pétrole que renferme le sous-sol de ce pays.

A suivi la menace de s’approprier le Groenland de gré ou de force, ce qui a soulevé l’opprobre de nombreux pays qui ont promis d’envoyer des soldats pour défendre ce territoire relié au Danemark.

À ce titre, le discours magistral du Premier ministre canadien, Mark Carney à Davos la semaine dernière a eu un effet de ralliement auprès de plusieurs leaders mondiaux. Ce discours passera sans doute à la postérité, Carney ayant mis le doigt sur le bobo en déclarnt : «Nous sommes en pleine rupture, et non en pleine transition» de l’ordre mondial qui prévalait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et il ajoutait : «Si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu.» Et vlan!

Les Canadiens risquent de payer un certain prix pour les propos de leur Premier ministre, mais il y a des limites à s’agenouiller devant un dirigeant revanchard dont la seule loi qui prévaut est la loi du plus fort. Assez, c’est assez!

Le lendemain, dans un discours fleuve à Davos, Donald Trump déclarait qu’il n’utiliserait pas la force pour intervenir au Groenland, ce qui constituait un important recul pour lui.

En menaçant tout le monde, principalement les pays alliés des États-Unis, Donald Trump ouvre la porte à la Russie et à la Chine pour s’implanter en Europe et en Asie. Poutine et Xi Jinping sont morts de rire.

Quant à la menace de faire du Canada le 51e état américain, il ne serait pas très sage de considérer cela comme une plaisanterie. Les intentions expansionnistes de Donald Trump n’ont pas de limites.

Malgré toutes ces initiatives axées principalement sur la force, Donald Trump continue de croire qu’il aurait mérité le Prix Nobel de la Paix. Il faut vraiment faire preuve d’un ego surdimensionné pour penser ainsi. Mais du côté de l’ego, Donald Trump n’a pas son pareil.

Il y a de l’espoir

Comme je le mentionnais au début de cette chronique, il reste encore trois ans au mandat de Donald Trump et personne ne sait à quoi s’attendre de cet individu imprévisible.

Les élections de mi-mandat prévues en novembre prochain pourraient lui faire perdre sa majorité des deux chambres au Congrès américain, ce qui limiterait son pouvoir de façon importante. 

Mais il est trop tôt pour se réjouir. Même si Trump est présentement au plus bas dans les sondages, je m’attends à ce qu’il se livre à des manœuvres dignes d’un dictateur pour perturber la tenue du scrutin, voire même de l’annuler sous de faux prétextes de sécurité nationale.

Dans un long discours décousu faisant le bilan de sa première année au pouvoir, fidèle à lui-même, Trump 2.0 s’est auto-congratulé, utilisant à satiété des faussetés, s’attribuant des mérites non justifiés et insultant tous ses adversaires.

À quoi s’attendre du reste du mandat de Donald Trump? Sans doute rien de réjouissant.

Courage

À la suggestion d’un lecteur, j’ai procédé à un recomptage du nombre de jours nous séparant du 20 janvier 2029, la fin du mandat de Trump et nous venons de gagner 16 jours. Merci P.T.

Il ne reste que 1 090 jours au mandat de Donald Trump.

Visionnez tous les textes de Pier Dutil

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