Pier Dutil
Pourquoi arrêter de travailler quand le travail n'est pas fini?
Par Pier Dutil
Comme ses prédécesseurs, le Gouvernement de la CAQ a mis fin aux travaux de l’Assemblée nationale vendredi dernier alors que plusieurs projets de loi ont été abandonnés par manque de temps.
Pourtant, rien n’obligeait les parlementaires à cesser leurs délibérations alors qu’il restait encore passablement de travail à effectuer.
Plus ça change, plus c’est pareil
Assermentée comme Première Ministre le 15 avril dernier, déjà on disait qu’il ne restait que 58 jours à Christine Fréchette avant la fin de la session prévue pour le 12 juin dernier.
Afin d’imprimer son style de leadership et faire connaître ses priorités, Madame Fréchette et les membres de son équipe ont initié une panoplie de projets de loi, espérant les faire adopter avant la fin de la session.
Même aux yeux des non-initiés de la politique, il était évident que tous ces projets de loi ne pourraient être adoptés en un si bref délai. Surtout que, dans bien des cas, il fallait l’assentiment de tous les Députés.es.
Comme on a pu le constater la semaine dernière, l’Assemblée nationale a prolongé ses heures de travail dans le but d’adopter le plus de projets possible.
On est ainsi parvenu à adopter des projets comme ceux interdisant la consommation des boissons énergisantes aux moins de 16 ans, permettant aux femmes d’obtenir des informations au sujet de leur éventuel conjoint afin de prévenir la violence conjugale, rendant possible les hospitalisations forcées, l’ajout de deux comtés à la carte électorale et ainsi de suite.
Par contre, le projet de loi visant l’adoption d’une nouvelle constitution québécoise et l’accélération des projets d’infrastructures, pour ne nommer que ceux-là sont morts au feuilleton, ce qui signifie qu’ils ont été abandonnés.
Tel que mentionné en introduction, rien n’obligeait le Gouvernement à mettre fin à la session parlementaire. Christine Fréchette n’avait qu’à décider de prolonger les travaux parlementaires pour éviter la précipitation et l’abandon de plusieurs projets de loi.
Surtout que la session qui vient de prendre fin ne pourra se poursuivre à l’automne puisque les élections générales auront lieu le 5 octobre prochain. Il restait donc amplement de temps pour compléter le travail.
L’art de se tirer dans le pied
Cette fin de session précipitée a donné lieu à deux évènements où des élus se sont signalés de mauvaise façon.
La Députée transfuge Maïté Blanchette Vézina, passée de la CAQ au Parti conservateur du Québec (PCQ) après avoir siégé comme indépendante, a été la seule à s’opposer au projet de loi interdisant la consommation de boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Son analogie avec les effets risqués du pamplemousse avec certains médicaments a contribué à ridiculiser davantage ses arguments.
Il ne faut pas oublier que Madame Blanchette Vézina a choisi de quitter la CAQ après son éjection du Cabinet, faisant ainsi preuve d’un égo surdimensionné. Si François Legault avait choisi de la garder au sein de son Cabinet, je suis assuré que la Députée de Rimouski serait encore membre de la CAQ.
Finalement, suite à la pression populaire et aux propos de la famille du jeune Zachary Miron, 15 ans, décédé après la consommation d’une boisson énergisante qui a contribué à son décès à cause de l’interaction avec un médicament, la Députée conservatrice a tenté de sauver la face en exigeant un travail en commission.
Même si le projet de loi a finalement été adopté, le mal était fait et Madame Blanchette-Vézina a compté dans son propre filet.
Des propos diffamatoires?
De son côté, lors du bilan de session de son parti, le PQ, Paul St-Pierre Plamondon a associé le Parti Libéral du Québec (PLQ) au crime organisé en se questionnant sur le financement du PLQ.
M. St-Pierre Plamondon a déclaré ce qui suit : «On a fait du financement qui est à l’évidence illicite et ce sont des activités qui impliquaient des dizaines de personnes. Il y a des liens qui ont été faits avec un député fédéral. Est-ce qu’il y a des liens avec le crime organisé?»
Comme il fallait s’y attendre, le chef du PLQ, Charles Milliard, n’a pas manqué d’affirmer son indignation, allant même jusqu’à expédier une mise en demeure au chef péquiste, exigeant une rétractation et des excuses dans un délai de 72 heures à compter de dimanche. En cas de refus d’obtempérer pour M. St-Pierre Plamondon, le chef du PLQ pourrait le poursuivre pour diffamation.
En réaction à la mise en demeure du PLQ, le chef péquiste a déclaré qu’après consultation avec ses avocats, il n’avait pas l’intention de se rétracter.
Je comprends que, du côté du financement, le PLQ n’a pas de leçons à donner aux autres sur le plan de l’éthique, mais M. St-Pierre Plamondon a peut-être poussé un peu fort. Comme on dit en Beauce : «Pousse, mais pousse égal.»
Tout cela se retrouvera fort probablement devant les tribunaux.
Cette fin de session, comme plusieurs autres auparavant, laisse un goût amer aux contribuables.
Même si les prochaines élections n’auront lieu que dans 112 jours, il ne fait pas doute dans mon esprit que les hostilités sont déjà entamées.
Courage
Il ne reste que 950 jours au mandat de Donald Trump.
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Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux politiciens qui se préparent à la prochaine élection :

