Décès du pilote Louis Lessard
Accident d’hélicoptère à Saint-Séverin: le coroner rend public son rapport d'enquête
Le coroner Donald Nicole vient de rendre public son rapport d'enquête sur l'écrasement d'un hélicoptère à Saint-Séverin, l'automne dernier, et qui a coûté la vie au pilote Louis Lessard.
Selon les informations colligées au cours de l’investigation, le 21 septembre 2025, vers 11 h 20, l'homme de 63 ans avait quitté, avec son hélicoptère — de marque Robinson, modèle R44 Raven II, année 2020 — un camp de chasse situé dans le secteur de Saint-Tite-des-Caps, à destination de l’héliport Magog/Lessard. Il avait un passager à bord avec lui.
En route, il s’était arrêté à l’aéroport de Montmagny pour faire le plein d’essence et a redécollé en direction d’une propriété privée, située sur le rang Saint-Gabriel Nord à Sainte-Marie, pour y déposer son passager.
Par la suite, il a redécollé en direction de Magog, son lieu de résidence. Vers 12 h 45, son hélicoptère a soudainement changé de trajectoire, perdant le contrôle de son appareil qui volait à basse altitude, qui a percuté des arbres, puis s'est écrasé dans une érablière de la Route Sainte-Marguerite, dans la municipalité de Saint-Séverin, avant de prendre feu.
Des témoins de l’accident ont alerté les secours. Les services d’urgence sont rapidement intervenus et ont découvert le corps de M. Lessard sans vie dans la carcasse incendiée de son hélicoptère. Puisqu’il n’avait plus de signes vitaux et que son corps était carbonisé, deux policiers ont complété un constat de mort évidente vers 13 h 26, le même jour.
Une autopsie a été pratiquée le 23 septembre au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale à Montréal. Dans son rapport, le pathologiste signale notamment la présence de suie dans les voies respiratoires inférieures, ce qui suggère que M. Lessard était vivant au moment de l’écrasement de son appareil.
De plus, des analyses toxicologiques ont été pratiquées, mais étant donné l’état de carbonisation du corps, les résultats relatifs à l’éthanol sanguin ont été non concluants. Toutefois, l’analyse du liquide oculaire a mis en évidence une alcoolémie de 149 mg/dL. Il est important de noter, signale le coroner, que l'alcoolémie oculaire est une alcoolémie atteinte avant le décès et est souvent supérieure à l'alcoolémie sanguine obtenue lors des prélèvements effectués après le décès. Les analyses sanguines et urinaires ont révélé des concentrations thérapeutiques et la présence de quelques médicaments usuels qui n’ont pas contribué au décès. De plus, les analyses sanguines ont démontré une concentration non significative de carboxyhémoglobinémie, ce qui suggère que le pilote est rapidement décédé avant que l’incendie de son hélicoptère ne prenne de l’ampleur.
L’analyse de l’accident par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BSTC) a mis en évidence qu’environ six minutes après son décollage de Sainte-Marie, l’hélicoptère volait à une altitude d’environ 2100 pieds lorsqu’il a rapidement monté à une altitude de 2475 pieds, avant de faire un virage brusque vers la droite, de s’incliner d’environ 90° par rapport à l’horizon et de se retrouver en piqué très prononcé vers le sol, pour ensuite percuter la cime des arbres et le sol.
Toujours selon les observations du BSTC, étant donné l’état de destruction de l’aéronef et les données limitées de l’accident, il a été impossible de déterminer la source du bruit inhabituel entendu par les témoins et de confirmer ou d’écarter une défaillance mécanique de l’hélicoptère en vol.
Toutefois, relate le rapport, l’examen de l’épave a mis en évidence que le moteur et les deux rotors de l’hélicoptère étaient toujours en fonction au moment de l’impact au sol et que plusieurs pièces ne présentaient pas de défaillance préalablement à l’impact.
Le coroner Nicole conclut que «l’ensemble des éléments recueillis laisse présumer que M. Lessard a accidentellement effectué un mouvement prononcé de la commande cyclique de son hélicoptère vers l’avant, alors qu’il était sous les effets de l’alcool et qu’il était à basse altitude, ce qui a causé un roulis rapide à droite et un état de quasi-apesanteur qui lui a fait perdre le contrôle de son hélicoptère et qui a provoqué son écrasement.»
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