Rapport du coroner sur la mort de Sebastian Acte Mejia
Accident mortel à Saint-Elzéar: le travailleur n'aurait pas dû être là

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles
Le travailleur immigrant, mort le 27 octobre 2025, après avoir chuté d'une plateforme sur le site d'une ferme à Saint-Elzéar, n'aurait pas dû se trouver à ce endroit.
C'est du moins ce qu'indique la coroner Sophie Régnière, dans son rapport d'investigation de l'accident, qu'elle vient de rendre public aujourd'hui.
Sebastian Acte Meija, un homme de 29 ans, était un travailleur étranger temporaire, à l’emploi de l'entreprise Lait porc M.C. inc., dans le rang Bas Ste-Anne de Saint-Elzéar. Sa saison de travail étant terminée, il devait retourner prochainement au Guatemala. Comme il n’y avait presque plus de tâches agricoles à effectuer, il avait décidé de participer à la construction de la grange, en effectuant des tâches connexes, telles que le ménage par exemple. Il avait déjà effectué quelques quarts de travail de la sorte, avec les travailleurs de la construction, communiquant entre eux par des gestes, étant donné la barrière de la langue.
Le jour de l'accident, M. Acte Meija aidait un autre travailleur à installer un madrier sur la frise de la toiture d'un bâtiment agricole en construction. Pour ce faire, ils utilisaient une plateforme élévatrice motorisée de personnel (PEMP), munie d'un plancher latéral externe exempt de garde-corps. Tandis qu'il se déplaçait sur le plancher latéral, l'ouvrier a excédé l'extrémité de ce dernier et a fait une chute estimée à 2,9 mètres.
«Le matin de son décès, M. Acte Meija n’avait pas à se trouver dans la PEMP puisque ni son employeur, ni la personne en autorité du chantier ne lui avaient demandé de donner un coup de main au menuisier-charpentier. Il est monté dans la PEMP de sa propre initiative», écrit Me Régnière.
Elle ajoute que l’accès au chantier devait être limité en tout temps aux personnes autorisées par le responsable du chantier. «Il faut également noter qu’une meilleure communication entre l’entreprise agricole (ici, le maître d’œuvre) et l’entrepreneur aurait permis de définir clairement qui peut accéder au chantier et à quel moment. Somme toute, la planification, la communication, l’exécution et le contrôle du chantier étaient déficients à bien des égards en matière de santé et de sécurité», signale-t-elle.
Quant à la plateforme, elle a fait l’objet d’une inspection et aucune cause mécanique, hydraulique, électrique ou structurale n’a été identifiée. L’ingénieur, ayant réalisé cette inspection attribue la chute à l’absence de garde-corps latéraux déployés.
La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a formulé des recommandations à ce sujet dans son enquête sur l'accident, publié en avril dernier.
À lire également
Accident de travail mortel à Saint-Elzéar: la CNESST dévoile les conclusions de son enquête
Accident de travail mortel à Saint-Elzéar: l'identité de la victime rendue publique
