Entrevue vidéo avec Martin Bernard
Les Industries Bernard: l’érable de la Beauce à la conquête du monde
En pleine saison des sucres, EnBeauce.com est allé à la rencontre de Martin Bernard, vice-président exécutif des Industries Bernard & Fils, une entreprise familiale installée à Saint-Victor depuis 1966, afin de comprendre l’évolution récente de l’entreprise et la place grandissante du sirop d’érable beauceron sur les marchés internationaux.
Issue d’une tradition familiale remontant au début du 19e siècle, l’entreprise en est aujourd’hui à sa cinquième génération de maîtres sucriers, avec déjà une relève qui s’installe progressivement.
« On est la cinquième génération de la famille Bernard à travailler dans le sirop d’érable […] et puis la sixième génération s’en vient tranquillement », a lancé Martin Bernard, en début d'entrevue.
Au cours des dernières années, l’entreprise a misé sur un développement accru à l’extérieur de l’Amérique du Nord, un marché déjà bien établi pour le sirop d’érable.
« À un moment donné, on a décidé de vraiment focuser sur l’international […] on a une bonne croissance en Europe, en Asie, en Australie, en Amérique du Sud et même en Afrique, qui étaient des endroits où on voyait moins le sirop d'érable. », souligne le vice-président.
Aujourd’hui, la majorité des ventes de l’entreprise est réalisée à l’exportation, notamment grâce à la production de marques privées pour de grandes chaînes à travers le monde. « On voit souvent la canette "Bernard" ici, au Québec, mais ça représente seulement une petite portion de nos ventes dans l'entreprise, la majorité étant exportée.», précise-t-il.
Ce développement s’inscrit dans une tendance plus large de l’industrie, qui cherche à faire découvrir le sirop d’érable comme alternative aux sucres raffinés. « Le sirop d’érable est un produit qui est très "trendy" depuis les dernières années […] c’est vraiment d’avoir une utilisation qui permet de remplacer les sucres conventionnels raffinés ».
Une croissance soutenue par la demande
La pandémie a notamment contribué à faire connaître davantage le produit, avec un retour à la cuisine maison. Les gens ont commencé à se réapproprier l'utilisation du sirop d'érable dans plusieurs de leurs repas ou boissons. « Dans les années 2020, 2021 et 2022, on a vu une grosse augmentation de la demande dans le sirop l'érable, majoritairement par des gens qui voulaient cuisiner de chez eux »
« (Après la pandémie) Ceux qui l'avaient (le sirop d'érable) adopté l'ont gardé. Donc c'est super positif et ça démontre juste que c'est un bon produit, de plus en plus apprécié par monsieur et madame tout le monde », a ajouté Martin Bernard.
Dans cette optique de croissance, l’entreprise s’est associée en 2022 à une multinationale européenne afin d’accélérer sa distribution sur ce continent. « Ça a été vraiment un tournant pour nous […] ça nous a aidés à faire découvrir le sirop d’érable à plus de gens », affirme-t-il.
Deux ans plus tard, l'entreprise de Saint-Victor s'est tournée vers Appalaches Nature, situé à Thetford Mines, afin de répondre à une autre réalité : la capacité de production. « Plus ça allait, plus on avait de la demande. On s'en venait un peu plus serré en terme de production. Dès qu'Appalaches Nature est devenu disponible pour nous, on a sauté dessus, et ça a réglé un problème au niveau de la capacité », indique-t-il, ajoutant que cette acquisition a aussi permis de diversifier la production, notamment avec le beurre d’érable.
Une industrie enracinée en Beauce
Malgré cette expansion internationale, l’entreprise insiste sur l’importance de ses racines régionales et de ses relations avec les producteurs. « Pour nous, c'est super important d'avoir une bonne relation avec les fermiers, les producteurs avec qui on travaille, que ce soit quelqu'un qui nous produit cinq barils par année ou 500 barils par année », mentionne Martin Bernard.
Cette réalité prend un sens particulier dans la région, qui demeure un territoire central pour la production acéricole.
« La Beauce, et plus généralement Chaudière-Appalaches, c'est vraiment le berceau de la production de sirop d'érable. Donc ça représente 40 % environ de toute la production de sirop d'érable qui est fait ici, dans notre région. C'est une fierté qu'on doit avoir, puis c'est un produit qui est fait seulement ici dans le monde, on retrouvera pas ça ailleurs », rappelle-t-il.
Pour Martin Bernard, le sirop d’érable représente bien plus qu’un produit, il s’agit d’un symbole du Québec et du Canada à l’international. « C’est une fierté pour nous de vendre un produit qui est l’emblème du Canada », conclut-il.
Dans un contexte où la saison des sucres bat son plein, cette réalité rappelle le rôle central de la Beauce dans une industrie qui continue de rayonner bien au-delà des frontières.
Vous pouvez écouter l'intégralité de notre entrevue en vidéo avec Martin Bernard ci-dessus.

