Course à la chefferie du Parti libéral du Québec
L'aspirant candidat Mario Roy réaffirme son attachement au Canada
Par Salle des nouvelles
Nous reproduisons l'intégrale d'une lettre ouverte de l'aspirant candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec, Mario Roy, dans laquelle il réaffirme ses convictions fédéralistes et les valeurs véhiculées.
Je viens de la Beauce. Je suis un fier Québécois, et je suis un fier Canadien. Je l’affirme sans réserve ni condition. Je ne vois aucune contradiction entre ces identités et il ne devrait pas y en avoir. Les Québécois peuvent pleinement embrasser notre langue, notre culture et notre patrimoine tout en affirmant leur place au sein du Canada. La confiance dans cette double identité ne devrait jamais être considérée comme suspecte, embarrassante ou déloyale.
Pourtant aujourd’hui au Québec, exprimer sa fierté envers le Canada devient de plus en plus difficile. Cela n’a rien à voir avec un changement chez les Québécois, mais avec le rétrécissement du discours public sur ce que signifie appartenir. Un nationalisme qui cherche à gérer notre histoire, en décidant quels souvenirs sont acceptables et quels attachements doivent être réduits au silence, a créé un environnement où le désaccord n’est plus discuté: il est disqualifié.
Un grand débat se profile au Québec, celui de savoir si notre avenir est renforcé au sein du Canada ou s’il doit s’en séparer. Ce débat mérite clarté, courage et honnêteté intellectuelle. Trop souvent, cependant, il est remplacé par la pression morale, le ridicule ou l’insinuation, comme si certains attachements devaient toujours se justifier alors que d’autres allaient de soi. Je refuse cette logique.
Les convictions fédéralistes ne sont pas un défaut à excuser. Elles constituent une expression légitime de l’identité québécoise. L’attachement au Canada n’affaiblit ni notre langue, ni notre culture, ni notre histoire. Il affirme que les Québécois peuvent être pleinement eux-mêmes sans renoncer à une partie de ce qu’ils sont.
C’est pourquoi j’ai choisi de me porter candidat à la direction du Parti libéral du Québec — non pas pour raviver les divisions, mais pour réaffirmer avec confiance nos valeurs. Historiquement, le Parti libéral a été une voix de raison lorsque la société québécoise risquait de confondre affirmation et exclusion. Ce rôle reste essentiel aujourd’hui.
Nous devons aussi être lucides sur qui sont nos membres et nos électeurs.
Je m’adresse directement à la communauté anglophone du Québec, dont plusieurs ont le sentiment d’être ignorés, mis de côté ou pris pour acquis. J’ai entendu vos critiques des récentes lois linguistiques. J’ai entendu vos préoccupations concernant l’accès aux services, le fait d’être répondu dans votre langue et le sentiment croissant que le respect est devenu conditionnel.
Je suis particulièrement conscient de la frustration causée par l’obligation désormais imposée aux citoyens de recevoir un message officiel chaque fois qu’ils demandent un service en anglais. Pourquoi des citoyens, dont les droits sont garantis par la loi, doivent-ils justifier leur éligibilité à chaque demande pour bénéficier de services dans leur langue? Vous méritez mieux!
Le respect ne peut pas être sélectif. Le dialogue ne peut exister si un côté doit toujours écouter tandis que l’autre peut ignorer. La courtoisie ne menace pas le français. La dignité n’est pas une concession. Je ne crois pas que la politique linguistique doive servir à humilier ou tester la loyauté. La langue doit unir les Québécois, non les diviser en catégories de légitimité.
Le Parti libéral du Québec a besoin d’un véritable débat à la direction : un débat qui permette aux idées d’être mises à l’épreuve et aux valeurs d’être affirmées ouvertement, pas derrière des portes closes, pas dans l’ambiguïté, mais au grand jour, devant des Québécois qui méritent de connaître ce que représentent réellement leurs options politiques.
Voici la vision que je propose: un Québec fier de son identité, confiant dans sa place au sein du Canada et engagé envers la dignité et le respect de tous ses citoyens. Un Québec qui relève ensemble les défis partagés et construit un avenir qui n’est pas prisonnier du passé.
Ce débat doit avoir lieu — et je suis prêt à le conduire ouvertement, constructivement et avec audace.
Mario Roy
Aspirant candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec
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