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Chronique Pier Dutil, par

28 octobre 2019 - 18:00

Cinq perdants, un gagnant

 

CINQ PERDANTS, UN GAGNANT

 

Il est parfois frustrant de devoir attendre une semaine pour commenter le résultat d’une élection, mais, avec un peu de recul, je suis content d’avoir disposé de ce délai, car cela m’a permis de me livrer à une analyse plus en profondeur.

 

Au Canada

En perdant 20 sièges, en ne faisant élire aucun député en Alberta et en Saskatchewan et en se retrouvant à la tête d’un gouvernement minoritaire, Justin Trudeau est le grand perdant de la dernière élection.

 

De son côté, avec 26 députés de plus et 239 712 voix d’avance sur le parti libéral, Andrew Scheer pourrait avoir l’air d’un gagnant. Malheureusement pour lui, ce n’est pas le cas. Le chef du Parti conservateur a mené une campagne terne et n’a jamais su se positionner comme l’alternative à Justin Trudeau pour devenir Premier Ministre. Il devra soumettre son leadership à l’approbation des membres de son parti lors d’un congrès en avril prochain. Déjà, des voix qui souhaitent son départ se font entendre. Cet environnement malsain autour de son leadership fait de lui un autre perdant de ce scrutin.

 

Quant au chef du NPD, Jagmeet Singh, lui non plus n’a rien pour faire la fête. Malgré un climat de sympathie ressenti vers la fin de la campagne, il a perdu 15 députés et son parti a été presqu’éliminé au Québec. Voilà donc un autre perdant.

 

Elisabeth May chef du Parti Vert, avec un seul député de plus, n’a pas su rallier le vote populaire, cela même si la question de l’environnement a été très présente lors de la dernière campagne. Il faut s’attendre à ce que Madame May ne soit plus à la tête de son parti lors du prochain scrutin. Une autre perdante.

 

Le seul véritable gagnant de ce scrutin est le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. À la tête d’un parti moribond au lancement de l’élection, il a plus que triplé le nombre de ses députés, passant de 10 à 32 en menant une campagne dynamique, sans se livrer à de basses attaques contre ses adversaires. Le tout avec un budget limité.

 

Gouvernement minoritaire

Le gouvernement minoritaire libéral de Justin Trudeau sera le treizième au Canada. En moyenne, un tel gouvernement a une durée de vie de 21 mois. 

 

Justin Trudeau devra compter sur le NPD ou le BQ pour faire adopter ses mesures. Ce ne sera pas un long fleuve tranquille. D’ailleurs, la formation de son cabinet présentera une grande difficulté, puisqu’il ne compte sur aucun député en Alberta et en Saskatchewan. Le Canada est fortement divisé d’est en ouest et des grands centres urbains et des régions

 

Le soir de l’élection, Justin Trudeau a déclaré avoir entendu le message des électeurs. C’est à l’usage que l’on pourra constater s’il a vraiment entendu ce message.

 

Le Justin Trudeau du premier mandat, qui a surfé sur sa popularité, qui s’est prêté à des «selfies» à répétition, qui s’est comporté davantage comme un agent de relations publiques que comme un vrai Premier Ministre et qui s’est promené à travers le monde aura maintenant l’occasion de nous montrer ce qu’il a réellement derrière la cravate. Ça reste à voir.

 

La déconfiture de Maxime Bernier 

Vous aurez vite deviné que mon cinquième perdant du dernier scrutin est le député sortant de Beauce, Maxime Bernier, chef du Parti Populaire du Canada.

 

Non seulement ce dernier n’est pas parvenu à se faire élire dans son comté, mais aucun de ses 329 candidats n’a été élu ailleurs au Canada. Pire encore, son parti n’a recueilli que 1,64 % du vote populaire. Des miettes.

 

En Beauce, au cours des scrutins précédents, Maxime Bernier partait gagnant. Il n’a jamais obtenu moins de 50,7 % des votes dans son comté. Mais, cette année, il a dû se contenter de seulement 28,3 % des votes en Beauce.

 

La victoire du conservateur Richard Lehoux a été totale avec une majorité de 6 064 votes. Il a obtenu des majorités dans toutes les municipalités à l’exception de St-Georges, St-Zacharie, St-Philibert, St-Côme-Linière et St-René. Il l’a également remporté de façon importante lors du vote par anticipation, ce qui indique que l’opinion des électeurs beaucerons ne résultait pas d’un courant de dernière minute.

 

Le soir de l’élection, dans son discours face à ses militants, Maxime Bernier a déclaré : «Nous allons continuer de nous battre. Nous serons plus forts la prochaine fois.» Il ajoutait : «Il y aura place sur l’échiquier politique pour le Parti populaire.»

M. Bernier, vous me permettrez d’en douter. Vous avez fait preuve d’un certain courage en créant un nouveau parti politique, en prônant des idées nouvelles, mais il me semble clair comme de l’eau de roche que les électeurs beaucerons et canadiens ne vous suivent pas dans cette voie.

 

Après treize années à siéger à la Chambre des Communes, le temps est venu de passer à autre chose; le message à cet effet m’apparaît suffisamment clair en Beauce comme dans l’ensemble du Canada.

 

PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine à tous les candidats gagnants et perdants de la dernière élection fédérale :

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