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Chronique Pier Dutil, par

18 mai 2020 - 18:00

La Covid-19 et la politique

LA COVID-19 ET LA POLITIQUE

La pandémie due à la COVID-19 n’affecte pas seulement la santé et l’économie de la planète. La démocratie fait place à une gestion de crise dans laquelle les Gouvernements ne se réunissent plus ou de façon sporadique et avec des effectifs réduits. 

Pourtant, des décisions importantes sont prises et des sommes astronomiques sont engagées sans avoir préalablement été autorisées par les élus.

La situation à Ottawa

Les travaux parlementaires, après avoir été suspendus durant plusieurs semaines, ont repris, mais seulement une trentaine de députés siègent afin de respecter la distanciation de deux mètres.

Pendant ce temps, sur une base quasi quotidienne, le premier Ministre Justin Trudeau annonce la mise en place de programmes d’aide aux individus, aux entreprises et à divers organismes qui totalisent plus de 250 G $. Le ministre des Finances n’a toujours pas présenté son budget, mais les dépenses sont engagées.

Pendant ce temps, deux partis politiques fédéraux, le Parti Conservateur du Canada (PCC) et le Parti Vert (PV) se retrouvent sans chef.

Au PCC, peu après l’élection de 2019, Andrew Scheer a annoncé son intention d’abandonner la chefferie, acceptant d’assurer l’intérim jusqu’à la nomination de son successeur.

Une course à la chefferie a été lancée et le chef devait être choisi le 27 juin prochain. À cause de la COVID-19, le choix du nouveau chef a été reporté au 21 août, laquelle date a été à nouveau annulée. On parle maintenant d’un vote quelque part en 2021.

Présentement, quatre candidats sont en lice. Seulement deux d’entre eux ont des chances légitimes de l’emporter : Peter MacKay, qui a dirigé divers ministères dans les cabinets de Stephen Harper, et Erin O’Toole, Député du comté ontarien de Durham depuis 2012.

Du côté du Parti Vert, la cheffe Elisabeth May, qui dirigeait le parti depuis 2006, a annoncé son retrait, conservant cependant son poste de Député. Le choix du nouveau chef devait avoir lieu lors d’un congrès prévu du 2 au 4 octobre prochain, mais, à cause de la pandémie actuelle, on ne sait plus si cette date sera officiellement retenue ou non. Entre-temps, la direction du parti est assurée de façon intérim par Jo-Ann Roberts, une ex journaliste.

La situation à Québec

L’activité politique provinciale n’est pas paralysée, mais l’Assemblée nationale ne siège plus que sporadiquement et un petit nombre de Députés participe aux débats.

Le premier Ministre et quelques-uns de ses Ministres animent un point de presse quotidien depuis plus de deux mois, mais on s’en tient à fournir le bilan de l’évolution de la pandémie et à faire l’annonce de mesures diverses. Là aussi, plusieurs programmes spéciaux sont mis de l’avant et les millions de dollars nécessaires à leur application sont engagés.

Le ministre des Finances, Éric Girard, n’a toujours pas présenté et fait adopter son budget pour l’année 2020-2021. 

Du côté des partis politiques, deux d’entre eux se retrouvent sans chef : le Parti Libéral (PLQ) et le Parti Québécois (PQ), suite aux démissions de Philippe Couillard et de Jean-François Lisée.

Alors que la course à la chefferie du PLQ tardait à lever, les candidats ne se bousculaient pas au portillon. Après les hésitations de Marwah Rizqy, de Gaétan Barrette et de Sébastien Proulx, seulement deux candidatures ont été officiellement déposées, soit celles de Dominique Anglade et de Alexandre Cusson.

Si Dominique Anglade jouissait d’une certaine notoriété pour avoir occupé divers postes de Ministre dans le cabinet de Philippe Couillard, Alexandre Cusson était un pur inconnu pour l’ensemble des Québécois. Ses expériences comme Maire de Drummondville, Préfet de sa MRC et Président de l’Union des Municipalités du Québec lui avaient valu une certaine renommée dans le monde municipal, mais ça n’allait pas plus loin.

Le congrès pour choisir le chef ou la cheffe devait se tenir les 30 et 31 mai prochains. Évidemment, dans les circonstances, le choix avait été reportée à une date indéterminée. 

Suite à ce changement, le candidat Cusson a annoncé la semaine dernière son abandon de la course, ce qui consacre le couronnement de Dominique Anglade qui devient cheffe du PLQ. Il faudra voir comment Madame Anglade sera accueillie au sein des troupes libérales, mais surtout auprès de la population du Québec. La pente à remonter sera très abrupte. D’ici la prochaine élection prévue en octobre 2022, bien des virus auront pu modifier la donne.

Au Parti Québécois, on est aussi en campagne pour trouver un successeur à Jean-François Lisée qui a quitté son poste suite à sa défaite dans son comté à l’élection de 2018.

Le choix, qui devait se faire le 19 juin, a été reporté au 28 août, mais rien n’indique que cette nouvelle date sera maintenue.

Présentement, quatre candidats sont en lice : Sylvain Gaudreault, député de Jonquière et Ministre des Transports et des Affaires municipales dans le cabinet de Pauline Marois, Guy Nantel, humoriste, Frédéric Bastien, historien et Paul St-Pierre-Plamondon, avocat. 

Finalement, la COVID-19 perturbe l’ensemble des activités de notre société et le monde politique n’y échappe pas. Il sera intéressant d’observer comment un éventuel retour à la normale se réalisera et quels changements dans les comportements de nos politiciens seront adoptés, si tel est le cas. J’ai bien peur que l’on retombe bien vite dans nos vieilles habitudes, ce qui constituerait une belle occasion ratée.
 

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PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine à tous nos élus afin de meubler leur réflexion :

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