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Observations d'un électeur

durée 18h00
26 septembre 2022
duréeTemps de lecture 5 minutes
Par
Pier Dutil

OBSERVATIONS D’UN ÉLECTEUR

Les lecteurs assidus de cette chronique le savent déjà, j’adore la politique. Pour moi, une élection me procure autant de plaisir que la période de Noël pour un enfant. Cela ne veut pas dire que je trouve que tout est parfait; loin de là. Mais je me considère privilégié de pouvoir participer au choix de mes élus.

Cette année, avec 27 partis autorisés et 867 candidates et candidats, je dispose d’un choix énorme et il m’est relativement facile de trouver un candidat et/ou un parti qui se rapproche de mes valeurs. Je n’ai donc pas d’excuses pour ne pas aller voter.

UNE CAMPAGNE BROUILLONNE POUR LA CAQ

Premier ministre et largement en avance dans les sondages lors du lancement de la campagne, François Legault a jusqu’ici mené une campagne pour le moins étrange. 

À plusieurs occasions il a dû s’excuser pour des prises de positions ou des déclarations parfois surprenantes : lien entre immigration et violence, études existantes ou non sur le troisième lien, problème de racisme réglé à l’hôpital de Joliette, etc.

Lors du Face-àFace de TVA, il a très mal paru, faisant la moue et demeurant constamment sur la défensive. Au débat de Radio-Canada, il a fait un peu mieux, mais sans plus.

Malgré cette performance ordinaire, la CAQ continue de dominer largement dans les sondages. Il faudrait un tsunami pour que le parti de François Legault ne l’emporte pas le 3 octobre prochain. Ne reste plus qu’à savoir quelle sera l’ampleur de cette victoire.

DÉBANDADE TOTALE CHEZ LES LIBÉRAUX

Malgré les efforts de la cheffe libérale Dominique Anglade, rien ne semble fonctionner pour le PLQ. Dès les premiers jours de la campagne, elle s’est retrouvée dans des comtés où il n’y avait pas encore de candidats libéraux. D’ailleurs, le PLQ a eu toutes les misères du monde à recruter 125 candidates et candidats. Pour y parvenir, on a réquisitionné plusieurs membres du personnel des bureaux de Députés que l’on a parachutés dans des comtés.

Reconnu comme le parti de l’économie, les dirigeants du PLQ ont fait un léger (?) oubli de 16,3 G$ lors de la présentation de leur cadre financier. Pas fort.

Lors du Face-à-Face de TVA, Dominique Anglade a fait piètre figure, coupant la parole à ses adversaires à de multiples reprises et préférant les attaquer plutôt que de faire ressortir les éléments de son programme. Au débat de Radio-Canada, la performance de la cheffe libérale a été meilleure, mais est-ce trop peu, trop tard?

Enfin, à peine dix jours avant la date du scrutin, Dominique Anglade se livre à de petites danses en déclarant que l’on va maintenant voir la «vraie» Dominique. Est-ce à dire que durant les semaines précédentes on nous en a présenté une fausse?

Avec un taux d’intention de vote inférieur à 10 % chez les électeurs francophones, le PLQ pourrait se retrouver avec des élus concentrés sur l’île de Montréal, voir même principalement dans les comtés anglophones de l’ouest de Montréal. Et, comme si cela n’était pas suffisant, l’élection de Dominique Anglade dans son propre comté n’est pas assurée.

BONNES CAMPAGNES CHEZ QS ET AU PQ

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a mené une campagne presque sans fautes. Il ne s’est pas contenté d’attaquer ses adversaires, consacrant la majeure partie de son temps à mettre de l’avant les éléments de son programme en se faisant le champion de l’environnement. 

Sa performance aux deux débats lui a permis de s’imposer comme un joueur majeur, jouant même le rôle de la véritable opposition à François Legault. 

Ses positions logées à l’extrême gauche, ses «taxes oranges» sur certains véhicules de même que ses augmentations d’impôts aux «ultra-riches»  en effraient plusieurs, mais ces positions ont le mérite d’être claires.

Du côté du PQ, que les observateurs de la scène politique se préparaient à enterrer, le chef Paul St-Pierre-Plamondon, pratiquement inconnu au début de la campagne, a surpris les électeurs. 

Au cours des deux débats, il s’est exprimé clairement, il est demeuré poli et courtois avec ses adversaires. De plus, il n’a pas caché le volet souverainiste de son programme, tentant ainsi de rallier les souverainistes qui avaient délaissé le PQ lors du dernier scrutin. 

Cette attitude du chef péquiste lui a permis de faire une remontée intéressante dans les intentions de vote des électeurs, se rapprochant des autres partis voués à l’opposition. Est-ce que cela sera suffisant pour permettre l’élection de Députés péquistes lundi prochain? Il est permis d’en douter, mais peu importe le résultat obtenu, on ne pourra reprocher à Paul St-Pierre Plamondon d’avoir négligé ses efforts pour redonner un soupçon de vie à un parti qui semblait à l’agonie.

RÉSURRECTION DU PCQ

Végétant dans les bas-fonds de l’échiquier politique québécois il y a à peine deux ans, le PCQ occupe une place importante dans la présente élection grâce à son chef Éric Duhaime. Ce dernier a su canaliser le mécontentement des opposants aux mesures sanitaires imposées tout au long de la pandémie, mais il est allé plus loin. 

N’eut été de positions parfois extrêmes de certains de ses candidats et de l’épisode de ses taxes et comptes non payés. Éric Duhaime a mené une bonne campagne. Il a su mettre de l’avant les positions de droite de son parti. Lors des deux débats, même s’il n’a pas eu une performance flamboyante, il n’a pas mal paru.

Le PCQ est d’ailleurs le seul parti qui, à date dans cette campagne, a réussi à attirer de 1 000 à 3 000 personnes dans des rassemblements à Beauceville, Québec et Lévis. La question qui demeure inconnue au sujet du PCQ est la suivante : y aura-til des Députés conservateurs élus le 3 octobre prochain et, si oui, combien?

LA SITUATION EN BEAUCE

Les comtés de Beauce-Sud et de Beauce-Nord attirent l’attention de tout le Québec parce qu’on y retrouve deux luttes serrées qui rendent impossible la prédiction des vainqueurs.

Dans Beauce-Sud, le député sortant de la CAQ, Samuel Poulin, élu en 2018 avec 62,7 % des votes et une majorité de 13 978 voix, fait face à cinq adversaires : Olivier Fecteau de QS, Jean-François Major du PQ, Hans Mercier du Parti 51, Antoine Poulin du PLQ et Jonathan Poulin du PCQ.

Dans Beauce-Nord, le Député sortant, Luc Provençal, qui l’a emporté en 2018 avec 66,4 % des votes et une majorité de 15 310 voix, affronte lui aussi cinq adversaires : Olivier Dumais du PCQ, Jacques Côté de QS, Pamëla Lavoie-Savard du PQ, Gwendoline Mathieu-Poulin de Climat Québec et Clermont Rouleau du PLQ.
 

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PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine aux 867 candidates et candidats présents dans cette élection :

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