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Le sport et l'argent

durée 18h00
5 décembre 2022
duréeTemps de lecture 4 minutes
Par
Pier Dutil

LE SPORT ET L’ARGENT

Vous êtes un vrai amateur de sport professionnel? Vous avez vos équipes préférées et vous joueurs favoris? Vous suivez leurs performances sur les réseaux sportifs? 

Je ne veux pas péter votre baloune ni devenir un éteignoir, mais, malheureusement, le sport professionnel est devenu un business totalement dominé par l’argent. 

LA COUPE DU MONDE

Le sport le plus populaire au monde est le football que l’on appelle ici le soccer. Présentement, la grand-messe du football, la Coupe du Monde, se déroule au Qatar, un pays dirigé par des despotes archi riches grâce au pétrole. 

Pour tenir cette compétition, les dirigeants du Qatar ont dépensé 220 milliards de dollars (220 G$) pour la construction de sept stades dont certains seront démontés après la compétition. Pour construire ces stades, on a importé des dizaines de milliers de travailleurs venus de divers pays pauvres et on leur a imposé des conditions de travail dignes de l’esclavage. D’ailleurs, plusieurs centaines, voire des milliers de ces travailleurs sont décédés.

On a aussi construit des infrastructures touristiques nombreuses et, pour s’assurer que les stades soient remplis lors des compétitions, on a invité des milliers de supporters, toutes dépenses payées (avion, hôtels, repas, billets, etc.). Tout cela pour donner une image positive au monde entier.

Pourtant, le Qatar est renommé comme un pays où les droits individuels sont bafoués. C’est le cas pour les femmes, qui peuvent être lapidées pour infidélité, pour les homosexuels qui peuvent être emprisonnés, voire même exécutés et ainsi de suite.

Mais, si la Coupe du Monde a été attribuée en 2010 au Qatar alors que tout le monde connaissait les mauvaises conditions qui y prévalaient et qui y prévalent toujours, c’est que le pays avait suffisamment de moyens financiers pour satisfaire les bonzes de la FIFA (la Fédération internationale du Football). 

La FIFA est un organisme ultra riche qui ne relève d’aucune autorité. Les dirigeants sont nommés par les représentants de 211 associations nationales. Il y a plus de pays représentés à la FIFA qu’à l’ONU (193).

La prochaine Coupe du Monde, en 2026, aura lieu dans trois pays : le Canada, les États-Unis et le Mexique parce que c’est devenu trop onéreux pour un seul pays. Pour vous donner une idée des folles exigences de la FIFA, pour tenir trois matchs au Québec, on exigeait que le Gouvernement québécois débourse la modique somme de 300 M $, soit 100 M $ par match. Heureusement, Québec a refusé.

LES JEUX OLYMPIQUES

Malheureusement, ce n’est pas seulement dans le monde du football que l’argent a pris le contrôle du sport. Il en est de même pour la tenue des Jeux olympiques dont les coûts ne cessent d’augmenter. Plusieurs pays ont d’ailleurs renoncé à organiser les Jeux olympiques à cause de l’ampleur des investissements requis. 

En 2022, les jeux d’hiver ont eu lieu à Beijing, en Chine, une ville où il ne neige pratiquement jamais. On a créé de toutes pièces des montagnes à l’aide de neige artificielle pour y tenir les diverses compétitions de ski. Cela a coûté une petite fortune.

Mais, comme pour la FIFA, le Comité olympique international (CIO) en est rendu à négocier avec des pays dirigés par des dictateurs (Russie, Chine) qui tentent de redorer leur image en organisant ces compétitions d’envergure à des coûts astronomiques.

DANS LES AUTRES SPORTS

L’argent prend de plus en plus d’importance dans les autres sports également.

Au hockey, notre sport national, on vend le nom des stades à des entreprises qui paient des millions pour y inscrire leurs noms. On avait introduit de la publicité sur les bandes des patinoires, on en a ajouté sur la glace et même sur les baies vitrées. Mais voilà que maintenant, on en retrouve sur les casques des joueurs et sur les chandails comme le fait cette année le Canadien avec le logo de la Banque Royale. 

En Formule 1, les pilotes ont l’air de panneaux publicitaires tellement il y a de logos de commanditaires sur leurs combinaisons.

LES SALAIRES DES ATHLÈTES

Depuis quelques années, les salaires des athlètes ont connu une hausse pas mal plus importante que l’inflation. Permettez-moi de vous donner quelques exemples dans différents sports.

Au hockey de la LNH, les trois plus haut salariés sont Nathan MacKinnon  du Colorado qui a signé un contrat de huit ans pour 100,8 M $, soit 12,6 M S par année, Connor McDavid d’Edmonton à 12 M $ par saison et Dannel Jones, également d’Edmonton, à 10,5 M $.

Au football de la NFL, Ryan Tannehill du Tennesse, touche 38,6 M $, Patrick Mahomes de Kansas City reçoit 35,8 M S, alors que Aaron Donald des Rams de Los Angels devra se contenter de 31,7 M $. Quant à Tom Brady, qui en est probablement à sa dernière année, il a déjà accepté un petit contrat de 375 M $ pour dix ans au réseau FOX pour agir à titre de commentateur. 

Au baseball, là aussi les salaires atteignent des sommets inimaginables. Les trois plus hauts salariés sont Max Scherzer, lanceur des Mets de New York, qui a reçu en 2022 59,3 M $, Mike Trout, champ centre des Angels a empoché 39 M $, alors que Corey Seager, arrêt-court des Rangers du Texas, a dû se contenter de 38,5 M $.

Je pourrais vous citer de nombreux autres cas du genre dans d’autres sports comme au golf et au tennis, mais je crois vous en avoir déjà mis plein la gueule.

Et pendant ce temps, on trouve le moyen de chialer contre le salaire de Justin Trudeau à 365 200 $ par année et celui de François Legault à 196 193 $. 
 

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