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Ce «moulin à scie» comme on l'appelait autrefois, appartenait aux frères Fernand et Léopold Rancourt. Avant toute construction à cet endroit, à la jonction de l'avenue Chaudière et de la première avenue, ce terrain appartenait à M. Napoléon «Pit» Bérubé qui y cultivait des patates. À la même époque, M. Joseph «Fin» Pépin opérait un moulin à scie situé dans l'écore, au pied de la rue Saint-Gabriel (14e rue). Vers 1940, ce moulin fut cédé à M. Philias Poulin qui a conçu des machineries fonctionnant à la vapeur, et le déménagea à l'endroit où fut plus tard celui des Rancourt.
Ceux-ci acquirent ce moulin en 1943, et le modernisèrent. Ils effectuaient le débitage, le sciage, le rabotage et la préparation du bois pour toutes sortes d'usage. Voyez trois photos (1, 2 et 3) de l'extérieur en 1951 et deux autres de l'intérieur (4 et 5). Également leurs six camions en 1951 (photo 6). Or, en 1952, un important incendie détruisit leur scierie. Les Rancourt le reconstruisirent et en profitèrent pour renouveler tout l'équipement et mettre toutes les installations à l'électricité. Ils employaient de nombreux travailleurs, comme on les voit en 1953 en avant du gros camion chargé (photo 7), en plus de ceux montrés à la photo 6. Sans compter qu'il y avait aussi des camionneurs extérieurs qui faisaient parfois le transport du bois, comme M. Lionel Mercure de Plessisville (photo 8). Leurs principaux clients étaient les constructeurs d'immeubles et les manufacturiers de meubles dispersés un peu partout dans la province. Et en 1954, ils érigèrent en face, le long de la rivière, un gros édifice logeant leurs bureaux et des locaux pour les employés (photo 9, vers 1955). La toiture était lettrée à leur nom. Cet édifice est encore là, actuellement occupé par le commerce Décor Surface Veilleux.
En 1957, ils s'incorporent sous le nom de Les Industries Rancourt Ltée, dont Léopold et Fernand furent tour à tour Président. Ils employaient alors 20 à 30 personnes. Déjà à cette époque, ils occupaient une place importante au Québec, dans le sciage et le commerce du bois, et possédaient encore plusieurs camions. Ils fournissaient un grand nombre de manufacturiers et de constructeurs d'un peu partout dans la province.
Le samedi 18 juin 1960 était inauguré leur nouvelle usine située sur la rue Famine (95e rue) dans le tout nouveau parc industriel de Saint-Georges, en présence de nombreux dignitaires. Ils furent la première entreprise à s'y installer. À l'époque c'était l'une des scieries les plus modernes au Québec, à la fine pointe de la technologie, dotée des machineries les plus performantes, incluant un tableau électronique dont le scieur, assis sur son fauteuil, pouvait contrôler et exécuter 10 opérations en même temps. Ce furent leurs meilleures années, donnant de l'emploi jusqu'à 70 travailleurs.
Fernand est décédé le 26 octobre 1978 et son frère Léopold le 6 avril 1984. Ils ont laissé le souvenir de d'hommes travailleurs, énergiques et infatigables. Aujourd'hui, cette entreprise n'existe plus. À la place se trouvent les Services Sanitaires D.F. de Beauce. Ce fut tout de même une industrie remarquable dans l'histoire de notre ville.
Photos du fonds Claude Loubier. Texte et recherches de Pierre Morin.
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