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Dans le cadre de la Journée internationale des femmes

Thérèse Boutin-Drouin : 100 ans d'amour

durée 18h00
7 mars 2019
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Johanne Mathieu
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Par Johanne Mathieu, Journaliste

Dans le cadre de la Journée internationale des femmes, nous vous présentons trois personnalités féminines qui ont su laisser leur marque sur notre région.  

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Originaire de Saint-Martin, Thérèse Boutin-Drouin a célébré ses 100 ans en novembre dernier, elle qui habite depuis plusieurs années à la Seigneurie du Jasmin. Lucide, alerte et éveillée, la centenaire reste consciente d'une époque où le passé est révolu et d'une société qui demeure toujours en constante évolution. Elle-même est en partie en accord avec cette perspective, car elle n’a qu’un but : celui de toujours avancer.

Origine et professions

Thérèse Boutin-Drouin est née le 7 novembre 1918 et provient d’une famille de 12 enfants, dont quatre garçons et huit filles. En termes d’études, celle-ci s’est rendue jusqu’en 11e année.

« Dans ce temps-là, il fallait aller à Beauceville pour avoir un diplôme pour enseigner. Ma mère avait tombé malade, pis on était 12 à la maison. J’avais restée, moi, pour aider ma mère jusqu’à sa mort. On était encore 8 à la maison quand ma mère est décédée », a résumé madame Boutin.

Celle-ci a ainsi pris la place de sa mère et a élevé les autres enfants de la famille, ses frères et sœurs. Elle a ensuite rencontré son mari.

Après cette rencontre, la femme fonde une famille et aura trois enfants à son tour : Marcel, Gaétane et Michelle. La famille s’établira ensuite dans la Municipalité de Saint-Zacharie. Elle sera notamment secrétaire pour son mari et couturière.

Elle a fait ce travail pendant plusieurs années avant de déménager à Saint-Georges. Madame Boutin-Drouin a mentionné qu’il y avait beaucoup de bénévolat dans ce temps-là. Les femmes travaillaient beaucoup, faisaient le même travail que celles d’aujourd’hui, mais elles n’avaient pas de salaire.

Selon elle, les femmes de cette époque travaillaient de 6 h 00 le matin à 10 h 00 le soir, c’était le rôle de la femme.

« Je suis contente aujourd’hui de voir que vous possédez une automobile, avec un permis, pis tout ça. On avait pas le droit d’avoir une automobile », a affirmé la centenaire.

Un seul conseil pour les femmes : être heureuses

Thérèse Boutin-Drouin a souligné qu’elle avait été heureuse toute sa vie et qu’elle avait répandu beaucoup d’amour. La femme est persuadée que c’est ce qui lui a permis de se rendre à cet âge avancé. 

« Quand on était jeunes, y’avait des grosses familles. Y’avait des familles de 15 pis 20 enfants. On se fréquentait, on faisait des réunions de famille. C’était le plaisir de se voir. On allait travailler chez les voisins, y venaient travailler chez nous. Tout le monde se parlait. Aujourd’hui, personne se parle. Y’ont bien trop de technologie », a-t-elle déclaré.

Les gens ont aussi beaucoup moins d’intérêt à découvrir comment tout se passait différemment à l’époque et les valeurs se sont perdues, ce qui l’attriste. Les gens ne savent pas comment trouver le bonheur, selon elle.

« Quand je me suis mariée, on avait une petite maison, un petit poêle, la lampe à l’huile. On était heureux. Aujourd’hui, les femmes ont la laveuse-sécheuse, y'ont le frigidaire, y’ont le lave-vaisselle. Y sont malheureuses. Y se divorcent. Comprenez-vous quelque chose? », a-t-elle demandé.

Si elle n’avait qu’un seul conseil à donner aux jeunes filles, aux femmes d’aujourd’hui, c’est d’être heureuses.

Garder son esprit vif et vivre le présent

Malgré le fait qu’elle trouve difficile de se retrouver dans une résidence pour personnes âgées et qu’elle s’ennuie, Thérèse Boutin-Drouin sait se garder active. Elle maintient son esprit vif grâce à la lecture, qui la fait voyager, mais aussi en se tenant au courant de l’actualité.

« Moi, le président des États-Unis, Trump, je l’aime pas, mais je le suis pareil. Quand on suit la politique, on peut pas faire autrement que d’avoir l’esprit éveillé. Tu connais les gens qui sont là, tu sais ce qu’ils ont fait. Je m’oblige à regarder toutes les nouvelles. Peu importe, qu’y soient bonnes ou mauvaises. Parce que je veux pas arrêter de savoir », a soutenu la centenaire.

Lorsqu’elle pense à sa vie, ce dont elle reste le plus fière, c’est d’avoir aimé, de s’être donnée et d’avoir pardonné. Mais le secret de sa longévité est aussi de ne jamais penser à demain.

« On peut rien faire autre chose que s’améliorer. Moi, j’ai toujours vécu avec le présent. Mon secret, c’est ça, de regarder toujours en avant. Y arrivera ce qui arrivera. On peut rien faire d’abord. Y’a eu des époques qui ont été bonnes, d’autres moins bonnes. Ça, c’est la vie de tous les jours », a-t-elle conclu.

 

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