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Jusqu'où iront les hausses de prix ?

25 mai 2022 | publié à 15:21 | Mis à jour à 15:22
Pier Dutil
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Par
Pier Dutil

JUSQU’OÙ IRONT LES HAUSSES DE PRIX?

De semaine en semaine, lorsque je fais mes emplettes à l’épicerie et le plein de mon réservoir à essence, je ne puis m’empêcher de constater que les prix sont constamment en hausse.

Selon les dirigeants d’entreprises, toutes les raisons sont bonnes pour justifier de telles hausses : les problèmes d’approvisionnement dus à la pandémie, la guerre en Ukraine, la hausse de la demande, etc.

Peu importe la ou les raisons, en fin de compte, c’est toujours le consommateur qui finit par payer.

Inflation en hausse
En avril dernier, le taux de l’indice des prix à la consommation (IPC) au Canada a atteint 6,8 % par rapport à avril 2021. On est loin du taux visé par la Banque du Canada qui s’est maintenu entre 2 et 3 % durant de nombreuses années.

Comme tout le monde est à même de le constater, les prix ne cessent d’augmenter, même pour les denrées de base comme l’alimentation.

À titre d’exemples, permettez-moi d’énumérer quelques augmentations importantes à l’épicerie : les pâtes alimentaires (19,6 %), les céréales (13,9 %), le pain (12,2 %), la viande (10,1 %) et les fruits (10,0 %). Même la tasse de café, que vous aimez siroter, a augmenté de 13,7 %. Que vous soyez carnivores, végétariens ou véganes, la hausse des prix vous frappe en plein front.

L’abus des pétrolières
Malheureusement, les hausses ne se limitent pas aux denrées alimentaires. Dans nos régions où les transports en commun n’existent pas, nous devons utiliser nos véhicules pour nos déplacements.

À l’automne 2021, le litre d’essence à la pompe se vendait 1,48 $. Présentement, en Beauce, on paie 2,14 $, une augmentation de 44,6 %. Et pendant ce temps-là, les pétrolières déclarent des profits nets en hausse de 200 à 300 % en un seul trimestre.

Pourtant, le coût du pétrole brut en baril oscille autour de 110 à 112 $ présentement. Il y a plusieurs années, lorsque le litre d’essence avait atteint 1,40 $, le prix du baril dépassait les 140 $. Pour justifier leur arnaque, les pétrolières expliquent que ce sont les coûts du raffinage qui ont augmenté. Mais je constate que les raffineries sont la propriété des pétrolières. Ça va dans les mêmes poches.

Depuis des années, les pétrolières augmentent les prix de l’essence de façon exagérée. De semaine en semaine, elles étirent l’élastique afin de voir jusqu’où elles pourront aller avant que les consommateurs se rebellent. Mais les consommateurs n’ont pas le choix; ils doivent utiliser leurs véhicules. Ils sont tout simplement pris en otage.

À plus ou moins long terme, ces augmentations nuisent à l’économie en général puisque chaque dollar utilisé pour faire le plein n’est plus disponible pour acheter de la nourriture, payer son logement, etc.

Même la SAQ a annoncé des augmentations moyennes de 3,7 % pour 2 550 de ses produits (vins et spiritueux), augmentations qui sont entrées en vigueur hier, dimanche. De ce côté, même si ces augmentations sont de trop, je me dis que les vins et spiritueux sont des produits de luxe dont je peux me priver.

Les salaires ne suivent pas
Toujours selon les données de Statistique Canada d’avril dernier, le salaire moyen des Canadiennes et des Canadiens a augmenté de 3,3 %.

Pas besoin d’un doctorat en économie pour constater que notre pouvoir d’achat se rétrécit comme peau de chagrin. Si le coût des biens que je dois acheter augmente deux fois plus vite que mes revenus, la conclusion est facile à trouver : je m’appauvris.

Durant plusieurs années, on a limité les augmentations de salaire aux environs de 2 à 3 %, prétextant que cela était conforme à l’augmentation de l’inflation. Alors que les conventions collectives sont signées pour plusieurs années à venir, est-ce à dire que les salariés devront absorber toutes les hausses de coûts sans espoir d’améliorer leur sort?

Pendant ce temps, on vient de consentir des augmentations variant de 22 à 50 % aux juges des différentes cours du Québec. Ainsi, les 308 juges de la Cour du Québec ont vu leurs salaires passer de 254 000 $ à 310 000 $, alors que les salaires des 39 juges de paix sont passés de 144 960 $ à 217 000 $.

J’avoue avoir beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi les salariés qui gagnent de 45 000 $ à 75 000 $ doivent se contenter d’augmentations de 2 à 3 %, alors que d’autres, qui gagnent déjà de 150 000 $ à 250 000 $, voient leurs salaires croître de 25 à 50 %. Cela contribue à accroître l’écart entre riches et pauvres de façon tout à fait inéquitable. À la longue, cet écart pourrait devenir inquiétant.

Au début de mai, lorsque le salaire minimum au Québec est passé de 13,50 $ à 14,25 $, une augmentation de 5,6 %, j’ai entendu des organismes patronaux se plaindre que cela était exagéré. J’aimerais rappeler à ces dirigeants qu’un salaire de 14,25 $ de l’heure donne un revenu brut de 114 $ par jour à un travailleur. Lorsque ce même travailleur fait le plein de 50 litres d’essence au prix de 2,14 $ le litre, il doit débourser 107 $.

Son plein d’essence vient de lui siffler une journée de revenu. Il lui reste quatre jours pour payer son logement, son épicerie, son auto, ses vêtements, etc.

Avant de chialer, j’aimerais voir ces mêmes dirigeants essayer de vivre un an au salaire minimum de 14,25 l’heure, soit 570 $ par semaine et 29 640 $ par année.

Comme vous tous, je ne sais pas combien de temps la situation actuelle durera, mais, une chose est certaine, cela ne pourra durer encore longtemps.

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