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La 18e rue près de l'église il y a plus de 100 ans

durée 04h00
4 juillet 2021
duréeTemps de lecture 3 minutes
Par
Pierre Morin

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

Les photos accompagnant cette chronique illustrent un des secteur les plus anciens de notre ville. Il y eut à l’origine plusieurs pôles de développement à Saint-Georges, dont l’un se situait tout autour de l’église. L’un des premiers à s’y construire fut Ferdinand Morisset, qui était originaire de Lambton. Né vers 1846, il épousa dame Joséphine Fortier à Lambton en 1879. Sur les contrats, il était désigné comme marchand. Le couple est venu s’installer à Saint-Georges en 1886. Ils achetèrent leur premier terrain de M. Hubert Catellier le 22 décembre 1886 sur la 1re avenue à partir du coin de la rue Saint-Ferdinand (aujourd’hui 18e rue) en allant vers le nord. C’est leur résidence qu’on aperçoit à gauche (au coin de la 18e rue) sur la 1re photo, vers 1890. À droite, le gros bâtiment jaunâtre (avec trois portes) était probablement l’annexe où ils entreposaient leurs marchandises. On constate que les bâtiments ont été améliorés au fil des ans, sur les photos 2 à 4. Ferdinand étant décédé en 1898, son épouse, fille d’un prospère homme public de Québec, continua d’opérer le magasin général de la famille, avec l’aide de ses enfants. Elle acheta même le 4 octobre 1902 un autre terrain voisin (vers le nord) de M. Joseph-E. Catellier (photo 5) dont le contrat d’achat mentionne que ce terrain était situé entre l’église protestante et l’édifice de Mme Morisset. Elle vendit une partie de ce terrain à son gendre Arsène Dionne en 1919, et celui-ci y construisit sa résidence, qui est devenu plus tard le Musée Méchatigan (photo 6), aujourd’hui les bureaux du denturologiste Pomerleau. Le 21 mai 1903, elle vendit son magasin dont le contrat mentionne «la bâtisse en bois et le hangar» et tout son contenu («tous les effets de commerce comprenant marchandises sèches, quincaillerie, épicerie etc, inventaire annexé») à Henri-Edmond Martinette, fils du ferblantier Alfred Martinette. Hélas, Henri-Edmond a connu des difficultés financières et sa propriété a dû être vendue en justice au plus offrant. C’est le riche marchand Wenceslas Dionne qui l’a achetée en février 1905 lors de la vente par le shérif sur le parvis de l’église. Il est ainsi venu s’établir à Saint-Georges dès l’année suivante, en 1906, avec son épouse et quelques-uns de ses fils. Deux de ceux-ci, Arsène et Alyosius, qui avaient été pendant quelques années «voyageurs de commerce» épousèrent en 1904 deux des filles de Ferdinand Morisset, Fernande et Caroline. Une étroite relation s’est donc créée au fil des ans entre les Morisset et les Dionne. Un incendie ayant détruit le magasin en 1917, on a reconstruit, comme on le constate à la 7e photo, prise vers 1920-25. Parallèlement, Wenceslas développa à cette époque (vers 1910-15) une grosse entreprise dans le domaine de l’équipement de beurreries et de fromagerie. Lui et ses fils sont devenus prospères. L’ancien presbytère Anglican était au coin de la rue de la chapelle et Amédée Dionne (autre fils de Wenceslas) s’est construit juste à côté une grosse résidence en briques brunes, qui existe encore, mais qui a été reculée d’environ 100 pieds lorsque le PFK s’est construit sur ce site. Et Ludger Dionne, fondateur de plusieurs entreprises, dont la Dionne Spinning Mills, a longtemps été (de 1930 à 1962) là où se trouvait auparavant le magasin général des Morisset. Il avait ses bureaux au rez-de-chaussée et résidait au deuxième (photo 8); c’est maintenant le site de la Clinique Médicale Chaudière (photo 9). Une fresque de personnages anciens mais importants de notre ville. Des bâtisseurs. Des gens qui ont travaillé fort et qui ont réussi grâce à leur ténacité. Une belle histoire.

Toutes les photos sont du fonds Claude Loubier, sauf la 6 du fonds Musée Méchatigan et la 9 courtoisie de Yvon Thibodeau. Recherches de Paulin Poirier et Pierre Morin. Texte de Pierre Morin.


 Fondée en 1992, la Société Historique Sartigan est un organisme à but non-lucratif,
financé par les dons, dont la mission est la protection, l'interprétation, la valorisation
et la diffusion du patrimoine de Saint-Georges et de ses environs.

 


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