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Les processions religieuses de la Fête-Dieu d'autrefois

durée 05h00
14 août 2022
Pierre Morin
duréeTemps de lecture 3 minutes
Par
Pierre Morin

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

Il y a 100 ans, la ferveur religieuse était à son comble chez nous. La quasi-totalité des gens allaient à la messe à chaque dimanche et se conformaient strictement aux préceptes édictés par les autorités catholiques, parfois aussi astreignants que de jeûner au moins 12 heures avant de pouvoir communier ou de se priver partiellement de nourriture pendant le carême. Le summum était les nombreuses processions nous faisant déambuler en parade sur les principaux artères un peu partout en ville: la Fête-Dieu, la Fête du Sacré-Coeur, Fête de l'Assomption, la Fête aux flambeaux et bien d'autres, surtout pendant la période estivale. Généralement, pendant la procession, le prêtre portait l'Eucharistie dans un ostensoir et défilait abrité sous un dai porté par quatre participants. On possède plusieurs photos de ces longues processions se déplaçant en rangs serrés en différents endroits au centre-ville, comme sur la 1re avenue en 1919 (photo 1) et sur la 2e avenue en 1956 (photo 2). Parfois, les organisateurs érigeaient d'énormes arches faites de branches de sapin au-dessus de la rue où passait la parade. Une très ancienne, vers 1906, sur la 1re avenue au centre-ville (photo 3). On en voit une en face du magasin de l'horloger Alfred Perron (aujourd'hui Jouets Place Bureau) pas loin de la 123e rue vers 1907 (photo 4). Une autre vers 1938 à peu près en face de la Banque Royale (photo 5). Même une dans l'ouest près de la 24e rue vers 1960, maison Yvon Thibaudeau (photo 6). Le moment le plus important était l'arrêt au reposoir, endroit où on avait érigé un autel temporaire, là où le prêtre procédait à une cérémonie religieuse et donnait sa bénédiction. Une photo extraordinaire montrant le reposoir des frères Thibaudeau à leur magasin sur la 1re avenue vers 1922 (photo 7). Pendant plusieurs décennies, les propriétaires géorgiens rivalisaient d'ingéniosité pour ériger le plus extravagant reposoir sur le seuil de leur résidence. Voyez les gens agenouillés dans l'escalier menant au reposoir installé devant l'ancienne maison de Gédéon Gagné sur la 2e avenue (photo 8). On changeait de place à chaque année, et c'était à qui aurait le plus beau jamais réalisé. Celui chez le maire Rémi Bolduc sur la 2e avenue coin 123e rue en 1927 (photo 9). C'était considéré comme un honneur que d'être choisi, comme le démontrent toutes ces photos anciennes. En 1942, sur le parvis de l'église dans l'Ouest (photo 10). La dernière procession à Saint-Georges, à ma connaissance, fut la Fête-Dieu du 25 mai 2008, qu'on voit parader dans la 18e rue à la photo 11. Incroyable: j'ai trouvé une photo ancienne (vers 1936-37) où on aperçoit une imposante structure faite de gros madriers partant de l'ancien pont de fer, avec drapeaux et décorations, où l'on voit des citoyens endimanchés circulant sur cette construction inusitée (photo 12). Il n'y a qu'une manifestation religieuse pour justifier des travaux aussi extravagants. Il semble qu'à cette occasion, on avait même décoré de guirlandes les poutres et les murets de l'entrée du pont, dans l'est (photo 13). La plupart ont aussi connu les processions au flambeau, qui avaient lieu le soir, pour mieux contempler l'éclairage spectaculaire des centaines de participants (photo 14). Puisque les gens marchaient en groupe, la flamme aurait vacillé et se serait éteinte si on ne l'avait pas protégée au moyen du flambeau. On fournissait des portes-cierges constitués d'une chandelle insérée dans un trou pratiqué dans le fond du protecteur cartonné. Mais il arrivait que le feu prenne dans le flambeau... Quels souvenirs.

Photos 1 du fonds JA Gagnon. Photo 2 du fonds André Garant. Photo 4 du fonds de la SPB. Photo 5 du fonds des Frères de la Charité. Photo 7 du fonds Andrew Redmond. Photos 8 et 13 du fonds Marcelle Houde. Photo 9 du fonds Vincent et Victor Rodrigue. Photo 11 du fonds Yvon Thibodeau. Photo 12 du fonds Martine Paquet. Texte et recherches de Pierre Morin.

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