Des accusations criminelles portées contre l'entreprise
Accident mortel chez Bois Ouvré: un espoir d’aller au fond des choses, dit le syndicat
Le Syndicat des Métallos a réagi par voie de communiqué de presse ce matin à la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales d’intenter des poursuites criminelles contre l’employeur à la suite de l’explosion qui a coûté la vie à trois travailleurs le 20 septembre 2021 chez Bois ouvré Beauceville.
« Toutes nos pensées vont vers les familles des victimes. C’est certain que ça doit remuer beaucoup d’émotions. Cela ne ramènera pas les trois travailleurs décédés. Cette poursuite apporte néanmoins un espoir qu’on aille au fond des choses afin que de tels accidents soient évités dans le futur », fait observer le représentant syndical François Cardinal.
Le 20 septembre 2021 au matin, Mario Morin, Jean Lachance et Martin Roy sont accourus sur le toit de l’usine Bois ouvré Beauceville afin de tenter d’éteindre un feu qui s’y étaient déclaré alors que des travaux étaient en cours sur la toiture. Une explosion est survenue, leur ôtant la vie et blessant du coup 5 autres personnes.
Le directeur des poursuites criminelles et pénales a intenté des poursuites pour négligence criminelle en vertu de l’article 217.1du Code criminel qui « impose à toutes les organisations et à toutes les personnes qui supervisent un travail au Canada, un devoir à l’égard de la santé et de la sécurité d’autrui ». Il s’agit d’une des rares utilisations au Québec de la loi Westray, un amendement au Code criminel adopté en 2004 à la suite de la tragédie de la Mine Westray en Nouvelle-Écosse qui avait provoqué la mort de 26 mineurs.
« Si la loi Westray adoptée en 2004 permet de poursuivre des employeurs pour négligence criminelle, elle n’a été que très peu souvent invoquée. Malheureusement, les autorités n’analysent pas toujours les accidents de travail sous cet angle. Nous saluons la rigueur du Directeur des poursuites criminelles et pénales dans ce dossier et souhaitons que cela ouvre la porte à une analyse systématique des dossiers en fonction de la loi Westray, lorsque les circonstances s’y prêtent », a souligné le directeur québécois du Syndicat des Métallos. Dominic Lemieux, dans ce même communiqué.
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